Frise chronologique
1803
Conversion en hôpital
Conversion en hôpital
1803 (≈ 1803)
Accueil mendiants et aliénés, désengorgement structures médicales.
1846
Rattachement aux Hospices civils
Rattachement aux Hospices civils
1846 (≈ 1846)
Solution aux difficultés financières.
1830–1876
Travaux Flacheron
Travaux Flacheron
1830–1876 (≈ 1853)
Agrandissements et modernisation architecturale.
mai 1943
Opération de la Résistance
Opération de la Résistance
mai 1943 (≈ 1943)
Libération de prisonniers par *Libération-Sud*.
1960s
Avancées en transplantation
Avancées en transplantation
1960s (≈ 1960)
Premières greffes rénales avec immunosuppresseurs.
2003
Fermeture de l’hôpital
Fermeture de l’hôpital
2003 (≈ 2003)
Début du projet immobilier actuel.
2013
Classement monument historique
Classement monument historique
2013 (≈ 2013)
Protection façades, cloître et chapelle.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ensemble des bâtiments de l'ancien couvent, y compris les parties reconstruites au XIXe siècle : le cloître et les bâtiments l'entourant (l'église et ses deux chapelles latérales, la cour d'entrée avec le grand portail sur rue, l'aile triangulaire au nord avec son pavillon, l'aile orientale avec son pavillon, l'aile sud) , le bâtiment qui prolonge au sud l'aile orientale du cloître avec son pavillon central à l'est et les deux terrasses de l'ancien jardin qui le jouxtent à l'ouest (cad. AL 22) : inscription par arrêté du 21 janvier 2005 - En totalité, la cavité dite "caveau de Saint-Pothin", avec son autel, ses grilles et les 19 lampes de sanctuaire qui subsistent fixées aux grilles et aux murs, la chapelle souterraine attenante avec son autel, ses lampes en applique et son portique d'entrée situé au niveau du cloître, le sol du même cloître dans sa totalité, l'ensemble faisant partie de l'ancien hôpital de l'Antiquaille (cad. AL 22) : classement par arrêté du 6 juillet 2005
Personnages clés
| Paul Diday - Médecin et chercheur |
Pionnier en syphilographie et maladies vénériennes. |
| Louis Cécile Flacheron - Architecte municipal |
Dirigea travaux XIXe siècle. |
| Pierre-Marie Bossan - Architecte du couvent |
Conçut l’ensemble éclectique. |
| Jules Traeger - Néphrologue |
Développa la transplantation rénale. |
| Jean-Victor Augagneur - Chirurgien |
Spécialiste maladies vénériennes. |
| Serge Ravanel - Résistant (Libération-Sud) |
Libéra prisonniers en 1943. |
Origine et histoire
L’ancien couvent de la Visitation, situé sur le site de l’Antiquaille à Lyon, fut fondé au XVIIe siècle avant d’être profondément remanié au XIXe siècle. À partir de 1803, il fut converti en hôpital pour désengorger les structures médicales lyonnaises, accueillant initialement des mendiants, des aliénés et des malades vénériens. Les médecins, recrutés sur concours, y développèrent une approche scientifique pionnière, notamment en syphilographie sous l’impulsion de figures comme Paul Diday.
Entre 1830 et 1876, l’architecte Louis Cécile Flacheron dirigea d’importants travaux d’agrandissement et de modernisation, intégrant des styles romans et byzantins. Le couvent, organisé autour d’un cloître carré en brique et pierre jaune, abritait aussi une église richement décorée de mosaïques et peintures. En 1846, l’établissement fut rattaché aux Hospices civils de Lyon pour pallier ses difficultés financières, marquant un tournant dans son administration.
Au XXe siècle, l’hôpital joua un rôle discret mais actif pendant la Résistance : en mai 1943, des résistants du groupe Libération-Sud y libérèrent des prisonniers allemands faussement hospitalisés. Après 1945, l’Antiquaille devint un centre de référence en néphrologie et transplantation rénale, grâce aux travaux de Jules Traeger et à l’utilisation précoce d’immunosuppresseurs développés par l’Institut Pasteur de Lyon. Le site ferma en 2003, laissant place à un projet immobilier mêlant logements, hôtel de luxe (Villa Maïa, ouvert en 2017) et résidences étudiantes.
Les fouilles archéologiques de 2011-2012 révélèrent des vestiges d’un habitat antique (Ier–IIe siècle), détruit pour permettre la construction du nouveau complexe. Aujourd’hui, les façades, toitures, cloître et chapelle du couvent sont protégés au titre des monuments historiques depuis 2013, témoignant de son héritage architectural et médical.
Parmi les figures marquantes, Paul Diday (1813–1895) se distingua par ses recherches sur la syphilis, tandis que Jean-Victor Augagneur et Victor Rochet contribuèrent à moderniser les services vénériens et urologiques. L’architecte Pierre-Marie Bossan, aux côtés de sculpteurs comme Charles Dufraine, donna au couvent son caractère éclectique, alliant austérité monastique et décors sacrés.