Frise chronologique
12-13 juin 1944
Bombardements
Bombardements
12-13 juin 1944 (≈ 13)
During la Seconde Guerre mondiale
15 octobre 1627
Fondation du couvent
Fondation du couvent
15 octobre 1627 (≈ 1627)
Par les Carmes de Vannes
1630-1645
Construction initiale
Construction initiale
1630-1645 (≈ 1638)
Travaux principaux du couvent
1680-1702
Première chapelle
Première chapelle
1680-1702 (≈ 1691)
Conçue par Jean Gruau
1er octobre 1792
Expulsion des Carmélites
Expulsion des Carmélites
1er octobre 1792 (≈ 1792)
Sous la Révolution française
15 mars 1811
Rétrocession aux Ursulines
Rétrocession aux Ursulines
15 mars 1811 (≈ 1811)
Par décret impérial
1932
Prise en charge par les Filles de Jésus
Prise en charge par les Filles de Jésus
1932 (≈ 1932)
Transformation en collège
13 août 1987
Protection monument historique
Protection monument historique
13 août 1987 (≈ 1987)
Façades, cloître, chapelle inscrits
28 février 2006
Incendie du couvent
Incendie du couvent
28 février 2006 (≈ 2006)
Dégâts majeurs subis
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures des bâtiments du cloître et des deux ailes attenantes sur la cour d'entrée ; à l'intérieur, le grand escalier, le réfectoire et la chapelle des fidèles (cad. AH 209) : inscription par arrêté du 13 août 1987
Personnages clés
| Jean Gruau - Architecte |
Concepteur de la première chapelle (1680-1702) |
| Carmes de Vannes - Fondateurs |
À l’origine du couvent en 1627 |
| Ursulines - Religieuses éducatrices |
Occupèrent le site de 1811 à 1904 |
| Filles de Jésus de Kermaria - Congrégation gestionnaire |
Depuis 1932, collège actuel |
Origine et histoire
Le couvent des Carmélites de Ploërmel fut fondé le 15 octobre 1627 par les Carmes de Vannes, trois ans après l’arrivée des Ursulines dans la ville. Les travaux de construction s’étalèrent de 1630 à 1645, avec l’ajout d’une aile nord en 1649. Une première chapelle, conçue par l’architecte rennais Jean Gruau, fut bâtie entre 1680 et 1702, avant d’être remplacée par l’actuelle vers 1750. Ce couvent illustre l’expansion des ordres religieux en Bretagne sous l’Ancien Régime, marqué par une architecture adaptée à la vie monastique (cloître, réfectoire, cellules).
La Révolution française marqua un tournant : après un inventaire le 19 octobre 1790, les Carmélites furent expulsées le 1er octobre 1792. Le couvent, nationalisé, servit successivement de grenier, de prison, et abritera une école dès 1794. Rétrocédé aux Ursulines par décret impérial en 1811, il devint une école pour jeunes filles jusqu’à leur expulsion en 1904, dans le cadre des lois sur l’enseignement public. Cette période reflète les tensions entre État et Église autour de l’éducation.
Au XXe siècle, le site fut racheté en 1913 pour devenir le pensionnat du Sacré-Cœur, puis confié aux Filles de Jésus de Kermaria en 1932. Endommagé par des bombardements en juin 1944 et un incendie en 2006, il fut partiellement restauré (chapelle en 1952, agrandissement entre 1959-1961). Depuis 1987, ses éléments emblématiques (cloître, chapelle, réfectoire) sont protégés au titre des monuments historiques. Aujourd’hui, il incarne la résilience d’un patrimoine à la fois religieux, éducatif et mémoriel.
L’architecture du couvent, organisée autour d’un cloître carré, comprenait initialement des espaces dédiés à la vie communautaire (cuisine, réfectoire, salle capitulaire) et à la prière (chapelle). Les modifications successives, comme l’ajout de bâtiments scolaires au XXe siècle, témoignent de son adaptation aux besoins changeants, tout en conservant des traces de son usage monastique originel. La chapelle, œuvre majeure de Jean Gruau, reste un exemple du baroque breton.
La localisation du couvent, rue Sénéchal-Thuault, en fait un élément central du patrimoine ploërmelais. Son histoire croisée avec celle des Ursulines et des Carmélites révèle les dynamiques religieuses et sociales de la Bretagne, entre ancrage local et influences extérieures (Vannes, Rennes). Les protections de 1987 soulignent sa valeur patrimoniale, tandis que son usage actuel perpétue une vocation éducative vieilles de quatre siècles.