Frise chronologique
1350–1352
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1350–1352 (≈ 1351)
Don de Jean Rousseau et soutien de Pierre Ier de Bourbon.
1384 et 1411
Pillages anglo-bourguignons
Pillages anglo-bourguignons
1384 et 1411 (≈ 1411)
Destruction partielle et incendie de l’église.
1562
Destruction par les huguenots
Destruction par les huguenots
1562 (≈ 1562)
Siège de Moulins, église transformée en écurie.
XVIIe siècle
Reconstruction classique
Reconstruction classique
XVIIe siècle (≈ 1750)
Façade en brique, portail monumental et cloître.
1790
Expulsion des Carmes
Expulsion des Carmes
1790 (≈ 1790)
Abandon du couvent lors de la Révolution.
27 octobre 1971
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques
27 octobre 1971 (≈ 1971)
Protection des vestiges et du cloître.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Restes de l'ancien couvent des Carmes et de son cloître (cad. P 25) : inscription par arrêté du 27 octobre 1971
Personnages clés
| Jean Rousseau dit Michiel - Donateur bourgeois |
Offrit les terres pour la fondation en 1350. |
| Pierre Ier de Bourbon - Mécène |
Finança partiellement la construction initiale. |
| Goussaut de Thoury - Bienfaiteur et donateur |
Inhumé dans le couvent en 1380. |
| Amé de Viry - Chef militaire anglo-bourguignon |
Commanda le pillage de 1411. |
Origine et histoire
Le couvent des Carmes de Moulins fut fondé en 1350-1352 grâce à un don de terres de Jean Rousseau dit Michiel, un bourgeois local, et au soutien financier de Pierre Ier de Bourbon et Goussaut de Thoury. Construit initialement hors des remparts, près d’une chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié, il fut pillé à deux reprises par les troupes anglo-bourguignonnes (1384 et 1411), puis reconstruit au XVe siècle. L’église, d’abord placée sous le vocable de saint Étienne, devint plus tard l’actuelle église Saint-Pierre.
En 1562, les huguenots assiégeant Moulins détruisirent le couvent et transformèrent l’église en écurie. Reconstruit au XVIIe siècle dans un style classique (façade en brique à losanges noirs, portail monumental à pilastres ioniques), il fut abandonné en 1790 lors de l’expulsion des Carmes. À la Restauration, l’église devint paroissiale sous le nom de Saint-Pierre. Les vestiges du couvent, incluant le cloître et des ailes en brique, furent inscrits aux Monuments historiques en 1971.
L’architecture du site se distingue par son préau bordé de baies en plein cintre, ses piliers cubiques à chapiteaux doriques, et une corniche à plate-bandes superposées. La façade sud, ornée de losanges en brique noire, et le portail à bossages reflètent l’influence classique du XVIIe siècle. L’aile est, prolongement du chœur de l’église, domine le corps de logis adjacent. Le couvent occupait autrefois un vaste quadrilatère délimité par les rues Saint-Martin, Delorme, et l’hôpital Saint-Joseph.
Aujourd’hui, les restes protégés (cadastre P 25) incluent des éléments des XVIe–XVIIIe siècles, témoignant des reconstructions successives. Propriété de la commune de Moulins, le site conserve une valeur patrimoniale liée à l’histoire religieuse du Bourbonnais, marquée par les conflits (guerre de Cent Ans, guerres de Religion) et les reconstructions architecturales.