Origine et histoire du Conservatoire national
L’ancien couvent des Dames de Sainte-Élisabeth, fondé au 4e quart du XVIIe siècle, devint plus tard l’École nationale vétérinaire de Lyon après la Révolution. Au 2e quart du XIXe siècle, l’architecte Chabrol réaménagea les bâtiments, qui abritent aujourd’hui le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon (CNSMD). Ces locaux, situés quai Chauveau dans le 9e arrondissement, furent inaugurés en 1988 après une rénovation menée par Espace Construit entre 1985 et 1988.
Le CNSMD de Lyon fut créé en 1980 par décret, à l’initiative de personnalités locales comme René Brot et Simone du Breuil, avec le soutien du Premier ministre Raymond Barre. Initialement installé rue de l’Angile (5e arrondissement), il déménagea en 1988 dans les bâtiments historiques du clos des Deux-Amants, offrant des infrastructures modernes : 110 salles d’enseignement, deux auditoriums, un orgue Grenzing, et la médiathèque Nadia-Boulanger. Le département danse, créé en 1984, s’installa quant à lui au grenier d’abondance, quai Saint-Vincent.
Le conservatoire se développa sous la direction de figures comme Pierre Cochereau (1979–1984) et Gilbert Amy (à partir de 1984), élargissant ses cursus à la danse, à l’orgue, et aux disciplines contemporaines. En 2009, il devint officiellement le Conservatoire national supérieur de musique et de danse, reflétant son double domaine d’excellence. Aujourd’hui, il forme des professionnels de la musique et de la danse, avec des partenariats internationaux et des programmes de recherche artistique.
Les bâtiments, marqués par leur histoire religieuse puis éducative, symbolisent la transition entre héritage patrimonial et innovation pédagogique. Leur architecture, mêlant structures du XVIIe siècle et aménagements du XIXe, en fait un lieu emblématique de la culture lyonnaise. Le CNSMD y perpétue une tradition d’excellence tout en s’ouvrant à la création contemporaine, comme en témoignent ses ateliers (XX-21) et ses collaborations avec des écoles d’art.
En 2023, le conservatoire fut confronté à une affaire judiciaire impliquant un professeur, Jean Tubéry, condamné en 2024 pour propos inappropriés. Cet épisode rappelle les enjeux éthiques des institutions culturelles, sans altérer la réputation académique de l’établissement. Le CNSMD reste un acteur majeur de la formation artistique en France, alliant patrimoine historique et dynamisme créatif.