Origine et histoire
L’église Saint-Césaire d’Arles, ancienne église conventuelle des Grands-Augustins, fut construite à partir de ~1450 dans le quartier de la Roquette, alors peuplé de mariniers, pêcheurs et cultivateurs pauvres. La chapelle Saint-Joseph, achevée en 1479, marque la première phase des travaux, suivis d’agrandissements en 1492 et 1511. Le chœur, réalisé entre 1463 et 1477, fut embelli après l’incendie de 1627 par une coupole octogonale à lanternon, tandis qu’une nouvelle façade ouest, sobre, fut érigée en 1628. La même année, l’archevêque Gaspard du Laurens consacra l’édifice sous le double vocable de la Vierge et saint Augustin, scellant sa reconstruction.
À la Révolution, le couvent et les paroisses voisines (Sainte-Croix, Saint-Laurent) furent vendus comme biens nationaux. En 1826, l’ancienne église conventuelle, rachetée par la municipalité, devint la paroisse Saint-Césaire sous l’impulsion de l’archevêque Pierre-Ferdinand de Bausset-Roquefort, honorant ainsi Césaire d’Arles (évêque de 502 à 543). Le XIXe siècle vit des modifications majeures : construction de la sacristie en 1843, remodelage du chœur en 1885 (disparition du presbyterium de 1643), et ajout d’un décor néo-flamboyant sur la façade. L’église, classée monument historique en 2014, abrite aujourd’hui un mobilier heterogeneous, issu des paroisses marinières supprimées.
L’édifice, de style gothique méridional, se distingue par sa nef à quatre travées voûtées d’ogives, ses collatéraux chapelés, et un avant-chœur surmonté d’une coupole octogonale. Le cloître, partiellement conservé, est intégré à l’école maternelle Jean-Buon. Son dallage d’origine, blasons et épitaphes usés, ainsi que son mobilier (retables, toiles des XVIIe–XIXe siècles, orgue François Mader de 1866) reflètent son histoire mouvementée. Fermée temporairement pour travaux après des chutes de pierres, l’église reste un lieu culturel (expositions, concerts) et liturgique, avec une messe hebdomadaire et la traditionnelle messe de minuit des bergers.
Le mobilier, en partie dispersé à la Révolution, fut reconstitué avec des éléments des anciennes paroisses marinières, expliquant l’iconographie liée à la mer (Vierge des mariniers, saint Nicolas, saint Clément). Parmi les pièces notables : un retable en pierre du XVIIe siècle classé (chapelle Saint-Joseph), une toile de Jean-Baptiste Marie Fouque (Saint Césaire au chevet du préfet de Ravenne), et le tombeau d’Honoré Quiqueran de Beaujeu (1638), chevalier de Malte, dans la chapelle du Sacré-Cœur. L’orgue Mader, restauré en 1992, est l’un des rares instruments du XIXe siècle peu modifié en Provence.
Les vitraux du XIXe siècle, dont deux signés Charles Guilbert d’Anelle (1875), complètent cet ensemble. La chapelle des Âmes-du-Purgatoire abrite une clôture en fer forgé classée et une toile de Fouque (1863), tandis que la chapelle Sainte-Anne conserve des ex-voto maritimes, dont une vue du port d’Arles par Fouque. L’ancienne ante-chapelle des pénitents blancs, aujourd’hui bureau scolaire, et les vestiges du cloître (galeries nord et ouest) rappellent l’organisation monastique d’origine. Le site, propriété communale, est protégé depuis 2014, incluant l’église, la sacristie, les galeries du cloître et le sol de l’ancienne cour conventuelle.