Origine et histoire
L'ancien couvent des Grands-Augustins, aujourd'hui église Saint-Césaire, se situe à Arles, place Saint-Césaire, au cœur du quartier de la Roquette, entre les rues de la Roquette, Théophile-Rives et Parade. La fondation du couvent fait l'objet de plusieurs datations, mais il est établi que la construction de l'église s'étendit sur plus d'un siècle, jusqu'en 1511, et que le chœur fut réalisé de 1463 à 1477. L'église et le cloître actuels furent engagés vers 1450 ; la chapelle Saint-Joseph fut achevée et consacrée en 1479, d'après une plaque commémorative. L'ensemble connut des agrandissements en 1492 et 1511. Un incendie en 1627 détruisit la travée occidentale et ses deux chapelles latérales ; l'église fut largement rebâtie et une nouvelle façade ouest, sobre, fut élevée en 1628, puis décorée dans un style néo-flamboyant au XIXe siècle. À la suite de la restauration, l'archevêque Gaspard du Laurens présida en 1628 une nouvelle consécration au double vocable de la Vierge et de saint Augustin. La restauration du cloître, commencée en 1622, s'acheva en 1630. L'état du couvent se dégrada du milieu du XVIIe au milieu du XVIIIe siècle et, à la Révolution, le couvent et l'église furent vendus comme biens nationaux. L'ancienne église conventuelle fut érigée en succursale en 1806 puis élevée en paroisse en 1826 ; la municipalité la racheta en juillet 1826 et elle fut officiellement érigée en paroisse le 24 septembre 1826 sous le vocable de saint Césaire par l'archevêque Pierre-Ferdinand de Bausset-Roquefort. La sacristie actuelle date de 1843 et une modification du chœur en 1885 fit disparaître le presbyterium élevé en 1643. L'église est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 19 mars 2014. Elle est actuellement fermée pour travaux à la suite de la chute de pierres d'une des voûtes intérieures.
De style gothique méridional, l'édifice présente une nef de quatre travées voûtées sur croisées d'ogives, flanquée de collatéraux organisés en chapelles indépendantes ; il n'existe pas de transept véritable. Après l'arc triomphal s'ouvre un avant-chœur couvert d'une coupole octogonale sur trompes avec lanternon, vestige de la campagne de reconstruction de 1627, où se situe le maître-autel ; derrière, le chœur proprement dit est étroit et voûté en plein cintre, résultat de modifications du début du XIXe siècle. Sur la façade ouest subsistent des traces d'implantation des chapelles latérales disparues. Au sud de l'église perdurent la galerie occidentale et une moitié de la galerie nord du cloître, intégrées aux bâtiments de l'école maternelle Jean-Buon.
L'église a conservé intégralement son dallage d'origine, orné de blasons et d'épitaphes dans l'allée centrale et les allées latérales, bien que très usés. Le mobilier, en partie dispersé à la Révolution, a été reconstitué avec des éléments provenant des paroisses de mariniers Saint-Laurent et Sainte-Croix, d'où des thèmes iconographiques maritimes tels que saint Pierre, la Vierge des mariniers, Notre-Dame de Bon Voyage, saint Nicolas et saint Clément. Plusieurs chapelles et œuvres sont protégées : la chapelle Saint-Joseph conserve des fonts baptismaux et un retable en pierre représentant le baptême du Christ, ainsi qu'un retable du XVIIe siècle classé parmi les objets historiques ; la chapelle Sainte-Térèse abrite une toile attribuée à Jean-Baptiste Marie Fouque inscrite au titre des objets ; la chapelle du Sacré-Cœur porte une inscription relative à la fondation d'une messe perpétuelle en 1638 pour Honoré Quiqueran de Beaujeu et renferme son tombeau ainsi qu'un autel en marbre polychrome et une statue de saint Nicolas. La chaire à prêcher en bois ciré du XVIIIe siècle est également classée.
La chapelle Saint-Pierre conserve un tableau du XVIIe siècle représentant le Couronnement de la Vierge, et le chœur est orné de lambris de noyer du XVIIIe siècle, d'un grand tableau représentant le Martyre de saint Laurent peint en 1638 par Trophime Bigot, d'un maître-autel en marbre polychrome du XVIIIe siècle et de trois sièges de célébrants ; plusieurs de ces éléments sont inscrits au titre des objets historiques. La chapelle de la Vierge présente une fresque dégradée et une Vierge de Miséricorde du XVIIe siècle classée ; s'y trouve la tombe de sœur Isabellet, décédée le 22 juin 1826. La chapelle Saint-Antoine-de-Padoue contient des toiles du XVIIe siècle, dont un Saint Thomas d'Aquin inspiré par les saints Pierre et Paul, et une représentation de saint Nicolas, toutes protégées. La chapelle Sainte-Anne possède deux toiles consacrées à Notre-Dame de Bon Voyage, dont une attribuée à Fouque et un ex-voto de 1816. La chapelle des Âmes-du-Purgatoire, protégée par une clôture en fer forgé du XVIIIe siècle, renferme une toile de Fouque intitulée Le Purgatoire (1863) et un groupe en carton-pierre polychrome représentant les saintes Maries dans leur barque. Près du chœur, une porte ouvre sur un petit vestibule ; au revers et au-dessus se trouve une statue en pierre de saint Clément, datée fin XVIIe/début XVIIIe siècle et classée. Quelques vitraux du XIXe siècle subsistent, parmi lesquels deux signés Charles Guilbert d'Anelle, Avignon, 1875.
L'orgue, construit en 1866 par l'organier marseillais François Mader, est un des rares instruments peu transformés : seuls deux jeux ont été remplacés. Le buffet néo-gothique est en bois du Nord ; la tuyauterie est accordée au diapason moderne (la3 = 435 Hz) et les claviers sont en tilleul plaqué d'ivoire et d'ébène. Restauré en 1992 par Yves Cabourdin de la Manufacture d'Orgues de Carcès, l'instrument a vu son pédalier augmenté, ses sommiers et réservoir refaits, et la tuyauterie réparée et réharmonisée selon l'esthétique de Mader ; deux jeux ont été replacés par une Voix humaine de 1873 provenant de l'orgue de Barjols et un euphone de Zimmermann. En 2013, cet orgue était le seul grand-orgue en bon état à Arles. L'église sert encore de lieu de culte avec une messe hebdomadaire le jeudi matin et la messe de minuit des bergers, et elle accueille ponctuellement des événements culturels tels que des expositions et, plus rarement, des concerts.