Frise chronologique
1215
Fondation de l'ordre dominicain
Fondation de l'ordre dominicain
1215 (≈ 1215)
Création par saint Dominique à Toulouse.
1230
Début de la construction
Début de la construction
1230 (≈ 1230)
Première campagne de l'église rectangulaire.
1275-1292
Construction de l'abside et du palmier
Construction de l'abside et du palmier
1275-1292 (≈ 1284)
Voûtes à 28 mètres, chef-d'œuvre unique.
1369
Arrivée des reliques de saint Thomas d'Aquin
Arrivée des reliques de saint Thomas d'Aquin
1369 (≈ 1369)
Transfert ordonné par Urbain V.
1791
Fermeture à la Révolution
Fermeture à la Révolution
1791 (≈ 1791)
Transformé en caserne et écurie.
1974
Retour des reliques
Retour des reliques
1974 (≈ 1974)
Célébration du 7e centenaire de la mort du saint.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise, salle capitulaire et annexes, chapelle Saint-Antonin, cloître, réfectoire : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Saint Dominique - Fondateur de l'ordre dominicain |
Créa l'ordre à Toulouse en 1215. |
| Pons de Capdenier - Donateur et capitoul toulousain |
Finança l'acquisition des terrains en 1229. |
| Urbain V - Pape (1362-1370) |
Transféra les reliques de saint Thomas d'Aquin. |
| Maurice Prin - Conservateur honoraire |
Dévoua 60 ans à sa restauration. |
| Max Ingrand - Artiste verrier |
Créa les vitraux en 1955. |
| Salvador Dalí - Peintre surréaliste |
Inspiré par le palmier pour *Santiago El Grande*. |
Origine et histoire
Le couvent des Jacobins de Toulouse, fondé par l'ordre des Prêcheurs (dominicains) au XIIIe siècle, est un ensemble religieux majeur construit en brique. Son église, son cloître, sa salle capitulaire et son réfectoire illustrent l'architecture gothique languedocienne. Le monument est lié à saint Dominique, fondateur de l'ordre en 1215 à Toulouse, et abrite depuis 1369 les reliques de saint Thomas d'Aquin, ce qui en fit un lieu de pèlerinage et d'enseignement jusqu'à la Révolution.
La construction s'étala en quatre campagnes : la première (1230) érigea une église rectangulaire sobre, reflétant l'idéal de pauvreté dominicain. Entre 1245 et 1252, l'édifice fut allongé vers l'est avec un nouveau chœur. La troisième phase (1275-1292) vit l'ajout d'une abside voûtée à 28 mètres, soutenue par un « palmier » de 22 nervures, chef-d'œuvre architectural unique. Enfin, au XIVe siècle, la nef fut rehaussée pour harmoniser l'ensemble.
Le couvent, confisqué à la Révolution, servit de caserne puis d'écurie, subissant d'importantes dégradations (démolition partielle du cloître, destruction de la flèche du clocher). Rendu à la ville en 1865, il fut restauré au XXe siècle, retrouvant ses décors peints et ses vitraux, comme ceux de Max Ingrand (1955). Aujourd'hui, il allie patrimoine médiéval et vocation culturelle, accueillant expositions et événements.
L'église des Jacobins, longue de 80 mètres, impressionne par sa double nef divisée par des piliers élancés, ses voûtes quadripartites et son palmier minéral. Le cloître (1306-1309), aux colonnades de marbre gris, dessert la salle capitulaire, la chapelle Saint-Antonin (décors apocalyptiques) et le réfectoire, l'un des plus vastes de l'époque. Ces espaces témoignent de la vie monastique et intellectuelle, le couvent abritant l'université de Toulouse jusqu'en 1791.
Le mausolée baroque de saint Thomas d'Aquin, érigé au XVIIe siècle et détruit à la Révolution, symbolisait la rivalité entre Toulouse, Paris et Fossanova pour ses reliques. Ses dimensions monumentales (19 mètres de haut) et ses marbres polychromes en firent un joyau, avant son démantèlement. Les reliques, transférées à Saint-Sernin en 1791, revinrent aux Jacobins en 1974, marquant leur septième centenaire.
Des figures comme le pape Urbain V (ancien étudiant toulousain) ou Maurice Prin (conservateur dévoué 60 ans à sa restauration) ont marqué son histoire. Prosper Mérimée, Hippolyte Taine et Viollet-le-Duc soulignèrent son originalité architecturale, tandis que Salvador Dalí s'en inspira pour Santiago El Grande. Classé Monument Historique dès 1840, le site incarne aujourd'hui la mémoire dominicaine et le rayonnement culturel de Toulouse.