Origine et histoire du Couvent des Ursulines de la Davrays
Le couvent des Ursulines de la Davrays, fondé au XVIIe siècle à Ancenis-Saint-Géréon, fut édifié grâce à l'impulsion de Françoise de Lorraine, baronne d'Ancenis, et aux dons de Louis XIV. Les religieuses y construisirent une chapelle, un cloître et un pensionnat pour éduquer des jeunes filles, riches ou pauvres, tout en offrant des soins gratuits. Le domaine, initialement un fief de l'évêché de Nantes, devint un lieu d'instruction et de charité jusqu'en 1792.
En 1792, la Révolution chassa les Ursulines, et le couvent, confisqué, fut transformé en hôpital militaire puis en magasin à fourrage. Sous l'Empire, il servit de prison pour des soldats autrichiens. En 1875, l'Armée y ajusta la caserne Rohan pour loger des régiments d'infanterie, avant que le site ne soit partiellement démoli et réhabilité en quartier civil à partir de 1995. Aujourd'hui, il abrite des logements, des services administratifs et un théâtre.
La chapelle et les bâtiments conventuels, classés monuments historiques en 1990, illustrent une architecture classique mêlant schiste, granit et tuffeau. Le cloître, ouvert au sud, et le pensionnat de 60 mètres de long reflètent l'organisation spatiale d'origine. Après des décennies d'abandon et de menaces de destruction, le site fut sauvé par son classement, puis réaménagé en 2012 pour mêler patrimoine et modernité.
Le quartier Rohan, né de cette réhabilitation, accueille désormais la communauté de communes du Pays d'Ancenis, l'association d'histoire locale, et des appartements dans les étages du cloître. La chapelle, restaurée, sert pour des concerts et expositions, tandis que le jardin des Ursulines abrite des sculptures contemporaines. Ce lieu symbolise la transition d'un héritage religieux et militaire vers une vocation culturelle et résidentielle.