Frise chronologique
21 avril 1643
Arrivée des Ursulines
Arrivée des Ursulines
21 avril 1643 (≈ 1643)
Installation dans le logis Saint-Christophe.
1678
Décor peint de la chapelle
Décor peint de la chapelle
1678 (≈ 1678)
Plan attribué à Jeresmie de La Rue.
1792
Confiscation révolutionnaire
Confiscation révolutionnaire
1792 (≈ 1792)
Devenu collège puis prison.
26 novembre 2010
Inscription MH
Inscription MH
26 novembre 2010 (≈ 2010)
Plafond, charpente et décors protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le plafond de la chapelle, y compris la charpente, la couverture et les murs qui le portent (cad. AL 246) : inscription par arrêté du 26 novembre 2010
Personnages clés
| Benoît Guillard - Abbé |
Rachète le couvent en 1792. |
| Jeresmie de La Rue - Architecte |
Auteur du décor peint (1678). |
Origine et histoire
Le couvent des Ursulines de Marcigny, situé place Reverchon, fut fondé au milieu du XVIIe siècle par des religieuses de l’ordre de Sainte-Ursule. Arrivées le 21 avril 1643, elles s’installèrent d’abord dans le logis Saint-Christophe, béni le 25 avril (fête de Saint-Marc), avant de construire le couvent actuel. Leur mission était d’éduquer les jeunes filles et d’aider les plus démunis. L’édifice, typique de l’architecture religieuse de l’époque, reflétait l’engagement éducatif et caritatif des Ursulines dans la région.
En 1792, le Directoire du District confisqua le couvent lors de la Révolution. L’abbé Benoît Guillard le racheta pour y installer un collège de garçons, remplaçant l’ancien couvent des Récollets, devenu hôtel de ville. En 1793, la Société Populaire de Marcigny y tint ses assises et y aménagea une prison. Ces changements illustrent les bouleversements politiques et sociaux de la période révolutionnaire, où les biens ecclésiastiques furent souvent réaffectés à des usages publics.
Au XIXe siècle, l’abbé Guillard revendit l’édifice à la municipalité en 1815-1820. Transformé en école primaire supérieure et agricole, il devint plus tard une école de garçons, n’accueillant les filles qu’à partir des années 1970. Cette évolution reflète les mutations de l’enseignement public en France, passant d’une éducation genrée à une mixité progressive. Aujourd’hui, l’aile gauche (ancienne chapelle) abrite un cinéma, tandis que le corps central et l’aile droite abritent l’école élémentaire Lucie Aubrac.
En 2003, des travaux dans le cinéma révélèrent un décor peint du XVIIe siècle sur le plafond de la chapelle, attribué à l’architecte Jeresmie de La Rue (plan daté de 1678). Ce trésor artistique, composé de figures allégoriques, d’anges musiciens et de motifs végétaux, fut inscrit aux monuments historiques le 26 novembre 2010, avec la charpente et les murs porteurs. Ces découvertes soulignent l’importance patrimoniale du site, mêlant histoire locale et art baroque.
Le couvent, propriété de la commune, incarne ainsi quatre siècles d’histoire : de sa fondation religieuse à ses usages laïcs contemporains. Son architecture et ses décors peints en font un témoignage rare de l’héritage des Ursulines en Bourgogne-Franche-Comté, tout en illustrant les adaptations successives d’un monument au service de la communauté.