Frise chronologique
1667
Fondation du couvent
Fondation du couvent
1667 (≈ 1667)
Arrivée de cinq Sœurs augustines de Quimper.
1704
Achèvement du chœur conventuel
Achèvement du chœur conventuel
1704 (≈ 1704)
Première phase majeure des travaux.
1794
Expulsion sous la Terreur
Expulsion sous la Terreur
1794 (≈ 1794)
Départ forcé pour Tréguier.
1805
Retour des Augustines
Retour des Augustines
1805 (≈ 1805)
Partage avec la municipalité.
1866
Inauguration du nouvel hôpital
Inauguration du nouvel hôpital
1866 (≈ 1866)
Construite par Edouard Puyo.
1900
Achèvement de la grande chapelle
Achèvement de la grande chapelle
1900 (≈ 1900)
Apogée architectural du monastère.
1975
Transfert de l’hôpital
Transfert de l’hôpital
1975 (≈ 1975)
Début des réaffectations du site.
2003
Vente du monastère
Vente du monastère
2003 (≈ 2003)
Rachat par la ville de Lannion.
2016
Ouverture de la médiathèque
Ouverture de la médiathèque
2016 (≈ 2016)
Fin des travaux de réhabilitation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien couvent Sainte-Anne, aujourd'hui Espace Sainte-Anne, situé 2 rue de Kerampont, à savoir : les façades et toitures des anciens bâtiments conventuels et de l'hôtel-Dieu des 17e, XVIIIe et XIXe siècles ; la chapelle Sainte-Anne de la fin du XIXe siècle, en totalité avec l'ensemble de son décor intérieur de boiseries, l'ancienne salle du chapitre, les deux galeries couvertes accotées à ses murs ouest et nord, et l'ancien édicule du jour céleste adossé à son chevet. Cet ensemble figure au cadastre, section AR parcelle n° 516 : inscription par arrêté du 26 août 2024
Personnages clés
| Edouard Puyo - Architecte |
Conçoit le nouvel hôpital en 1866. |
| Alain Gouriou - Ancien maire de Lannion |
Médiathèque nommée en son hommage. |
Origine et histoire
Le monastère Sainte-Anne de Lannion trouve ses origines en 1667, lorsque cinq Sœurs augustines de Quimper s’installent dans un Hôtel-Dieu et une chapelle délabrés, à la demande de la communauté locale. Grâce à des bienfaiteurs, le chœur conventuel est achevé en 1704, suivi de la « petite » chapelle en 1753. Les religieuses, chassées sous la Terreur en 1794, ne reviennent qu’en 1805, partageant alors les lieux avec des services municipaux (bibliothèque, collège). À la Restauration, elles rouvrent un pensionnat en 1818 et retrouvent l’usufruit du monastère.
En 1862, un accord avec la ville permet la construction d’un nouvel hôpital adjacent, inauguré en 1866. Les Augustines, en échange de leur contribution financière, récupèrent la pleine propriété de leur domaine. L’apogée du monastère survient en 1900 avec l’achèvement de la « grande » chapelle, après six ans de travaux. La loi Combes de 1904 force la fermeture du pensionnat, mais les sœurs se consacrent à l’hôpital, s’illustrant lors des deux guerres mondiales.
Après le transfert de l’hôpital en 1975, le site accueille temporairement un IUT, puis l’École nationale des sciences appliquées (à partir de 1985). Dans les années 1970, la ville aménage un parc public autour de la petite chapelle et acquiert progressivement le domaine. Les Augustines, présentes jusqu’aux années 2000, vendent le monastère en 2003. La ville le rachète pour 2,5 M€ et le réhabilite jusqu’en 2016, y installant une médiathèque nommée en hommage à l’ancien maire Alain Gouriou.
Le couvent, partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1964, voit sa protection étendue en 2024 à la « grande » chapelle de 1900. Son architecture mêle des éléments des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, tandis que son décor intérieur (boiseries, salle du chapitre) témoigne de son passé religieux et hospitalier. Aujourd’hui, l’Espace Sainte-Anne allie patrimoine et modernité, abritant aussi des locaux associatifs.
Les dernières Sœurs quittent Lannion pour Gouarec en 2008, marquant la fin de plus de trois siècles de présence augustine. Le site, propriété communale, reste un symbole de l’histoire sociale et religieuse de la Bretagne, où santé, éducation et spiritualité se sont entrelacées pendant des générations.