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Ancien fort de Troyon (également sur commune de Lacroix-sur-Meuse)

Ancien fort de Troyon (également sur commune de Lacroix-sur-Meuse)

    Route Sans Nom
    55300 Lacroix-sur-Meuse
Propriété privée
Ancien fort de Troyon
Ancien fort de Troyon
Ancien fort de Troyon
Ancien fort de Troyon
Ancien fort de Troyon
Ancien fort de Troyon
Crédit photo : Les Bergers des Pierres - Moselle Association - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1800
1900
2000
8-13 septembre 1914
Résistance héroïque face aux Allemands
1878-1879
Construction du fort
21 janvier 1887
Renommage en *fort d’Essling*
1916
Érection d’un obélisque commémoratif
2 novembre 1994
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les ruines de l'ancien fort, y compris les ouvrages d'accompagnement (cad. Troyon ZI 31 ; Lacroix-sur-Meuse ZA 48) : inscription par arrêté du 2 novembre 1994

Personnages clés

André Masséna - Maréchal d’Empire (duc de Rivoli, prince d’Essling) Nom donné au fort en 1887.
Georges Boulanger - Ministre de la Guerre (1886-1887) Auteur du décret de renommage.
Capitaine Heym - Commandant du fort en 1914 (166e RI) Dirige la résistance face aux Allemands.
Major Neuhoff - Officier allemand (10e division) Somme le fort de se rendre.

Origine et histoire

Le fort de Troyon, aussi appelé brièvement fort d'Essling, fut édifié entre 1878 et 1879 dans le cadre du système défensif Séré de Rivières, conçu pour protéger les frontières de l’Est après la défaite de 1870. Situé à 264 mètres d’altitude sur les communes de Troyon et Lacroix-sur-Meuse (Meuse), il faisait partie des défenses de Verdun. En 1887, le ministre Boulanger le renomme fort d’Essling en hommage au maréchal Masséna, mais ce nom est abrogé la même année, bien que conservé sur son fronton. Ce fort de première génération, prévu pour 751 hommes et 42 canons, présente des similitudes architecturales avec celui de Génicourt, mais s’en distingue par des détails comme ses casemates à tir indirect ou son pont-levis de type Devèze, rare pour l’époque.

Lors de la Première Guerre mondiale, le fort de Troyon joue un rôle stratégique lors des combats de septembre 1914. Bombardé par l’artillerie allemande (obus de 305-320 mm) à partir du 8 septembre, il résiste pendant six jours sous le commandement du capitaine Heym (166e RI), empêchant l’encerclement de Verdun. Le 9 septembre, le major allemand Neuhoff somme les défenseurs de se rendre, mais Heym refuse, déclenchant une intensification des bombardements. La résistance du fort, qui cesse le 13 septembre, est cruciale pour la victoire française à la Marne, évitant une percée allemande vers Verdun. En 1918, il sert d’hôpital arrière pour les troupes américaines libérant Saint-Mihiel.

Classé monument historique en 1994, le fort de Troyon est aujourd’hui un lieu de mémoire ouvert au public. Un obélisque érigé en 1916 rend hommage aux 450 soldats qui y ont tenu tête à une division ennemie de 10 000 hommes. Son architecture, typique des forts Séré de Rivières, inclut des caponnières, un ravelin et des magasins à poudre, tandis que des éléments comme le cartouche du fronton ou les contrepoids du pont-levis ont été restaurés par des associations. Le site illustre l’ingéniosité militaire de la Troisième République et l’héroïsme des soldats de 1914.

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