Origine et histoire
Le bâtiment qui abrite aujourd'hui le lycée Carnot, situé 28 rue Jean‑Jaurès à Pointe‑à‑Pitre, occupait à l'origine un hôpital militaire construit entre 1777 et 1779 et ouvert en 1780 pour accueillir les malades et les brûlés d'un incendie survenu le 30 mars. Sous l'Empire et la Restauration, l'ingénieur militaire Philibert y entreprend d'importants agrandissements. L'édifice primitif est entièrement détruit par le tremblement de terre du 8 février 1843. Des constructions provisoires, réalisées avec des matériaux de récupération, sont rapidement élevées, puis dès 1844 l'ingénieur Henriet lance la reconstruction du bâtiment principal en U, dont l'achèvement s'étend jusqu'en 1856. Après une suspension du chantier entre 1847 et 1851, le projet d'achèvement adopté en 1852 permet de terminer les ailes principales en 1855‑1856, de reconstruire les pavillons d'entrée sur la rue Henri‑IV en 1855 et d'achever divers aménagements — nivellement des cours, création d'une galerie couverte, construction d'une chapelle et dépendances — jusqu'en 1862. À la suite du départ d'une partie de la garnison, l'hôpital est progressivement fermé et, en 1882, l'État cède ses droits au conseil général qui souhaite créer un lycée. Transformé en 1883 en lycée de la colonie grâce à l'action d'Alexandre Isaac, l'établissement prend en 1895 le nom de lycée Carnot. Les bâtiments historiques sont inscrits aux monuments historiques le 15 janvier 1979. Aujourd'hui, le lycée Carnot est un établissement public polyvalent proposant des filières générales à vocation scientifique, littéraire, économique et technologique, et il accueille depuis 1979 des formations professionnelles. Installé sur un morne offrant un emplacement sain et aéré, il a formé de nombreuses personnalités ; parmi les enseignants figure Emmanuel‑Flavia Léopold, professeur d'histoire‑géographie, et parmi les anciens élèves on compte Henri Bangou, Élie Bloncourt, Gilbert de Chambertrand, Thierry Élise, José Galas, Raymond Guillod, Bertène Juminer, Paul Lacavé, Gésip Légitimus, Rémy Nainsouta, Raoul Georges Nicolo, Saint‑John Perse, Félix Proto, Max Rippon, Félix Bréta, Claude Roux et Michel Feuillard.