Frise chronologique
1134
Installation d'un ermite
Installation d'un ermite
1134 (≈ 1134)
Origine du site avant l’abbaye.
1147
Don aux chanoines de Belvaut
Don aux chanoines de Belvaut
1147 (≈ 1147)
Site offert par le seigneur de Montrichard.
1154
Fondation officielle de l’abbaye
Fondation officielle de l’abbaye
1154 (≈ 1154)
Construction église et monastère autorisée.
XIVe siècle
Déclin après la guerre de Cent Ans
Déclin après la guerre de Cent Ans
XIVe siècle (≈ 1450)
Saccage et réduction des moines.
1558
Passage en commende
Passage en commende
1558 (≈ 1558)
Début des ponctions sur les revenus.
1789-1795
Confiscation et vente comme bien national
Confiscation et vente comme bien national
1789-1795 (≈ 1792)
Fin de la vie monastique.
1875
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1875 (≈ 1875)
Protection des vestiges restants.
XXe-XXIe siècles
Restaurations majeures
Restaurations majeures
XXe-XXIe siècles (≈ 2007)
Sauvegarde de l’abbatiale et de la flèche.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1875
Personnages clés
| Engebault de Preuilly - Archevêque de Tours |
Autorisa l’installation des chanoines en 1154. |
| Seigneur de Montrichard - Donateur du site |
Offrit le terrain aux chanoines en 1147. |
| Seigneurs locaux (XIIe-XIVe siècles) - Bienfaiteurs de l’abbaye |
Augmentèrent ses possessions par dons. |
| Comte de Marolles - Restaurateur partiel (1870) |
Répara la flèche et des toitures. |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame d'Aiguevive, située à Faverolles-sur-Cher dans le Loir-et-Cher, fut fondée au XIIe siècle par des moines de l’Ordre de Saint-Augustin. Son nom, acqua viva (eaux vives), provient de sa localisation au confluent de deux vallons, où un ermite s’était installé en 1134. En 1147, le seigneur de Montrichard offrit le site aux chanoines du prieuré voisin de Notre-Dame-de-Belvaut, qui y construisirent une église et un monastère à partir de 1154, sous l’autorisation d’Engebault de Preuilly, archevêque de Tours.
Jusqu’au XIVe siècle, l’abbaye prospéra grâce aux dons de seigneurs locaux, accumulant terres, bois et maisons. Cependant, la guerre de Cent Ans la ravagea, réduisant sa communauté à moins de dix moines à la fin du XVe siècle. En 1558, elle passa sous le régime de la commende, et les abbés commendataires, jusqu’à la Révolution, épuisèrent ses ressources. Les guerres de Religion au XVIe siècle aggravèrent son déclin, forçant les moines à vendre une partie de leurs forêts pour financer leur protection.
Au XVIIe siècle, l’abbaye, en ruine et presque déserte (3 moines en 1673), fut agrégée à la Congrégation de France. La Révolution française sonna son glas : le décret de 1789 confisqua ses biens, et le dernier prieur fut expulsé en 1790. Les bâtiments, vendus comme biens nationaux en 1792 et 1795, furent en partie démantelés (le cloître servit de carrière, les voûtes de la nef furent abattues en 1840). Des restaurations limitées eurent lieu au XIXe siècle, mais des travaux majeurs ne débutèrent qu’au XXe siècle, sauvant l’abbatiale, ses peintures murales et sa flèche en pierre.
Aujourd’hui, l’abbaye conserve des traces de ses viviers et étangs, ainsi qu’une fontaine dédiée à saint Gilles, lieu d’un pèlerinage toujours actif les 1er et 8 septembre. Du cloître et des bâtiments claustraux, il ne reste qu’une écurie et quelques dépendances, tandis que le portail, l’abside et des chapiteaux du chœur gardent leurs décorations d’origine.
Classée Monument Historique depuis 1875, l’abbaye témoigne de six siècles d’histoire religieuse et architecturale, marquée par des périodes de gloire, de déclin et de renaissance partielle.