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Ancienne abbaye du Lieu à Perrignier en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Ancienne abbaye du Lieu

    248 Chemin de l'Abbaye
    74550 Perrignier

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1150
Fondation du prieuré
fin XIIIe siècle
Érection en abbaye
1443
Changement de tutelle
1536
Pillage par les Bernois
1538
Fermeture définitive
XVIIe siècle
Transformation en domaine agricole
1880
Construction de la voie ferrée
2022
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L’ancienne abbaye du Lieu avec les parcelles 13 et 1539, en totalité, et les éléments bâtis situés sur ces deux parcelles, à l’exclusion du petit bâtiment d’habitation situé au nord de la parcelle 1539 et du garage accolé à la chapelle Saint-Jean, sis chemin de l’abbaye. Les parcelles 13 et 1539, figurent au cadastre section B : inscription par arrêté du 18 novembre 2022

Personnages clés

Amédée VIII de Savoie - Comte puis duc de Savoie Finance des travaux de réparation.
Marie de Bourgogne - Duchesse de Savoie Soutien à l’abbaye avec Amédée VIII.
Yolande de Savoie - Duchesse de Savoie Critique le relâchement de la règle.
Ferdinand Bouvier d'Yvoire - Vice-gouverneur des Allinges Rachète et transforme le domaine.

Origine et histoire

L'abbaye du Petit-Lieu, aussi appelée Lieu-Notre-Dame, est une ancienne abbaye cistercienne fondée en 1150 comme dépendance de Sainte-Catherine du Mont, près d'Annecy. Initialement simple prieuré sous la tutelle de l'abbaye d'Aulps, elle devient une abbaye autonome à la fin du Moyen Âge, accueillant des moniales souvent issues de la noblesse savoyarde. Le site, situé à Perrignier en Haute-Savoie, bénéficie du soutien des comtes de Savoie, notamment Amédée VIII et Marie de Bourgogne, qui financent des travaux.

Au XVe siècle, l'abbaye connaît un déclin marqué par un relâchement de la règle monastique, critiqué par la duchesse Yolande. En 1443, elle passe sous la tutelle de l'abbaye de Tamié, réputée pour sa stricte observance. L'occupation du Chablais par les Bernois en 1536 entraîne le pillage de l'abbaye, suivie de sa fermeture définitive en 1538 sous la pression des troupes protestantes. Les religieuses quittent alors les lieux, et le domaine est vendu à une famille genevoise protestante.

Après la Réforme, le domaine est racheté au XVIIe siècle par Ferdinand Bouvier d'Yvoire, vice-gouverneur des Allinges, qui le transforme en exploitation agricole. L'église, seul bâtiment subsistant, date du XIIe siècle avec des remaniements aux XIIIe et XVe siècles. Elle est partiellement détruite lors de la construction de la ligne de chemin de fer « du Tonkin » au XIXe siècle. Aujourd’hui, le site, classé Monument Historique en 2022, conserve des vestiges de l’église, du dortoir des moniales et de la salle capitulaire.

L’abbaye était fille de Sainte-Catherine du Mont et dépendait initialement de l’abbaye d’Aulps. Son architecture reflète son histoire mouvementée : nef unique rehaussée, rose quadrilobée sur la façade occidentale, et traces de voûtes en croisée d’ogives. Le chœur et le clocher, détruits en 1536, ont disparu, tandis que des bâtiments conventuels, comme les dortoirs et la salle capitulaire, subsistent à l’état de ruines ou transformés.

Le site, situé à 600 mètres au nord-est de Perrignier, près du lac Léman, illustre l’histoire religieuse et politique du Chablais. Après sa fermeture, il devient un domaine agricole avant d’être partiellement préservé. Les fouilles et protections récentes (2022) visent à sauvegarder ce patrimoine médiéval marqué par les conflits religieux et les transformations agricoles.

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