Frise chronologique
1151
Fondation de la chartreuse
Fondation de la chartreuse
1151 (≈ 1151)
Acte signé par Aymon de Faucigny et Jean d'Espagne.
11 juin 1160
Mort de Jean d'Espagne
Mort de Jean d'Espagne
11 juin 1160 (≈ 1160)
Fondateur enterré sur place, béatifié en 1864.
1793
Expulsion révolutionnaire
Expulsion révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Les Chartreux quittent le monastère.
1866
Retour des Chartreux
Retour des Chartreux
1866 (≈ 1866)
Après le rattachement de la Savoie à la France.
1932
Installation des Carmélites
Installation des Carmélites
1932 (≈ 1932)
Transformation en couvent actuel.
3 février 1995
Classement complet
Classement complet
3 février 1995 (≈ 1995)
Protection de l’ensemble des bâtiments.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cloître ; porte d'entrée : classement par arrêté du 28 novembre 1910 . Ensemble des bâtiments de l'ancienne chartreuse, ainsi que les jardins et les sols (cad. A 723) : classement par arrêté du 3 février 1995
Personnages clés
| Jean d'Espagne (1123–1160) - Fondateur et bienheureux |
Moine chartreux à l’origine du monastère. |
| Aymon Ier de Faucigny - Seigneur donateur |
Fonda la chartreuse en 1151. |
| Charles-Auguste de Sales - Évêque d’Annecy-Genève |
Exhume les reliques de Jean d’Espagne en 1649. |
| Pie IX - Pape |
Béatifie Jean d’Espagne en 1864. |
Origine et histoire
La chartreuse du Reposoir, fondée en 1151 par le chartreux Jean d'Espagne sous l'impulsion d'Aymon Ier de Faucigny, s'installe dans la vallée du Béol (renommée Reposoir après la célèbre exclamation du fondateur : « Hic est repausatorium meum »). Le monastère, doté de terres, vignes et alpages par les seigneurs de Faucigny, devient un lieu de vie monastique ininterrompue jusqu’à la Révolution. Son organisation spatiale, typique des chartreuses, inclut un grand cloître à voûtes en bec de sifflet, des cellules individuelles pour les moines, et une église ogivale fondée par Aymon Ier.
Au fil des siècles, la chartreuse subit restaurations et aléas historiques. Ravagée par des crues en 1705, elle est restaurée en 1671 puis en 1846 après le retour des Chartreux post-Révolution. Expulsés en 1901 par la loi Waldeck-Rousseau, les moines cèdent la place à un hôtel de luxe (1907) avant que le site ne soit racheté en 1922 pour les Carmélites, qui s’y installent définitivement en 1932. Classée monument historique en 1910 (portail) puis en 1995 (ensemble), la chartreuse conserve des éléments gothiques tardifs, comme son petit cloître du XVIe siècle aux arcs polybés et voûtes sur croisée d’ogives.
Le Bienheureux Jean d’Espagne (1123–1160), figure centrale du lieu, est béatifié en 1864 après l’exhumation de ses reliques en 1649. Son héritage spirituel et les donations des Faucigny (terres, droits d’usage) ont façonné l’histoire du monastère, marqué par des périodes de prospérité et de déclin. Aujourd’hui, le Carmel du Reposoir perpétue une vie de clôture dans ce site où se mêlent mémoire cartusienne, architecture médiévale et paysage alpin.
Les possessions de la chartreuse s’étendaient sur des communes savoyardes (Scionzier, Magland) et genevoises (Grand-Bornand, Thônes), incluant alpages et vignes. Les bâtiments, organisés en carré autour d’un grand préau, reflètent l’idéal cartusien d’isolement et de prière. La chapelle Saint-Antoine et celle dédiée à Jean d’Espagne (devenue sacristie) témoignent de cette double vocation religieuse et patrimoniale.
L’histoire contemporaine du site est rythmée par des changements de propriété : nationalisation révolutionnaire (1793), rachat par des fermiers locaux (1797), transformation en hôtel (1907), puis retour à la vie monastique. Le classement de 1995 protège aujourd’hui l’intégralité des bâtiments, jardins et sols, préservant ainsi un ensemble architectural et paysager unique en Haute-Savoie.