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Ancienne église Saint-Denys de Coulommiers en Seine-et-Marne

Seine-et-Marne

Ancienne église Saint-Denys de Coulommiers

    88 Rue du Theil
    77120 Coulommiers

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1107
Première mention écrite
7 décembre 1516
Effondrement des voûtes
1553-1571
Suhaussement du clocher
1791
Destruction des symboles royaux
1882
Arasement du clocher
1911
Désaffectation
1968
Démolition définitive
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Adèle de Blois - Fille de Guillaume le Conquérant Auteur de la charte de 1107 mentionnant l’église.
Thomas Becket - Archevêque de Cantorbéry Aura consacré une extension selon la tradition.
Urbain Le Roy - Procureur (1663) Fait fermer l’église pour « péril éminent ».
Blanche Chéron - Figure révolutionnaire locale Incarna la Déesse Raison en 1793.
Émile Brunet - Architecte en chef Conçut la nouvelle église en 1911.
Thibault de Pontmoulin - Seigneur local (décédé en 1325) Pierre tombale transférée dans la nouvelle église.

Origine et histoire

L’ancienne église Saint-Denys de Coulommiers, située en Seine-et-Marne, fut un lieu de culte catholique mentionné dès 1107 dans une charte d’Adèle, fille de Guillaume le Conquérant. Initialement construite entre le XIe et le XIIe siècle (voire plus tôt, comme le suggèrent des vestiges mérovingiens découverts en 1968), elle fut profondément remaniée vers 1220 dans un style gothique, avec une abside à cinq pans et des baies ogivales. Son histoire est marquée par des problèmes structurels récurrents, notamment l’effondrement partiel des voûtes du chœur en 1516, qui déclencha une campagne de restauration et d’agrandissement, incluant le surhaussement du clocher — cause de sa célèbre inclinaison.

Au XVIe siècle, l’église, jugée trop exiguë et vétuste, subit des modifications majeures : la nef est prolongée, des chapelles latérales dédiées aux corporations (tanneurs, vignerons, forgerons...) sont ajoutées, et le clocher est surélevé entre 1553 et 1571. Cependant, ces travaux aggravent son instabilité. Dès 1662, des rapports alertent sur le « péril éminent » de la tour, conduisant à des fermetures temporaires et à des réparations d’urgence, comme en 1723 après un nouvel effondrement des voûtes. La Révolution française accentue son déclin : en 1791, ses symboles royaux sont martelés, ses cloches fondues, et elle est brièvement transformée en temple de la Raison.

Au XIXe siècle, malgré des consolidations (arasement du clocher en 1882), l’édifice est déclaré insalubre après l’inauguration de la nouvelle église Saint-Denys-Sainte-Foy en 1911. Désaffectée, elle est finalement démolie en 1968, malgré l’opposition d’habitants et du comité des Monuments historiques. Quelques vestiges (chapiteaux, statues) furent sauvés in extremis et sont aujourd’hui conservés à la Commanderie des Templiers de Coulommiers et au musée municipal des Capucins. Son héritage perdure à travers des éléments transférés dans la nouvelle église, comme les vitraux, les orgues, et la pierre tombale de Thibault de Pontmoulin (1325).

Liens externes