Origine et histoire
Les remparts de Laon trouvent leur origine dès le IXe siècle, avec une première enceinte fortifiée conçue pour protéger la cité (partie orientale du plateau). Cette fortification primitive joua un rôle clé en repoussant les Northmens (Vikings) en 882. L’enceinte s’étendit progressivement vers l’ouest, englobant le bourg, et fut achevée au XIIIe siècle. Elle combinait des fossés secs, des courtines à contreforts, et des tours circulaires ou carrées, le tout renforcé par quatre portes principales équipées de herses, assommoirs et vantaux. À son apogée, l’enceinte mesurait 7 750 pas de long (soit environ 11 km), illustrant l’importance stratégique de Laon au Moyen Âge.
Entre le XIIIe et le XVIIe siècle, les remparts subirent de multiples reconstructions et réparations, adaptant leurs défenses aux évolutions militaires. Un tournant majeur eut lieu en 1595 avec la construction d’une citadelle par l’ingénieur Antoine Estienne, marquant une modernisation des fortifications. Cependant, dès le XVIIIe siècle, leur rôle défensif déclina : les fossés furent comblés pour créer des promenades publiques (Saint-Jean en 1758, Saint-Just en 1761, Saint-Germain en 1763), reflétant une transformation urbaine vers des usages civils.
Au XIXe siècle, une restauration partielle fut entreprise dans le cadre d’une ceinture fortifiée contre les invasions venues de l’est. Malgré ces efforts, une grande partie des remparts disparut : sur les 18 portes d’origine, seules 3 subsistent, accompagnées d’une dizaine de tours (sur une quarantaine initiale). Aujourd’hui, ces vestiges, classés Monument Historique en 1927, rappellent l’héritage médiéval de Laon, bien que dépourvus d’aménagements intérieurs. Leur état actuel, entre ruines et traces urbaines, témoigne des mutations de la ville à travers les siècles.
L’enceinte de Laon incarne ainsi une stratification historique : d’abord rempart contre les invasions, puis symbole de pouvoir local, avant de devenir un élément du paysage urbain. Son architecture hybride (tours carrées/circulaires, fossés comblés) et ses portes fortifiées (désormais réduites à trois exemplaires) en font un exemple remarquable de fortification médiévale évolutive, marquée par les adaptations successives aux besoins militaires et civils.