Frise chronologique
XVe siècle
Construction de la tour Saint-Laurent
Construction de la tour Saint-Laurent
XVe siècle (≈ 1550)
Tour ronde en brique sur soubassement de grès.
XVIe siècle
Renforcement bastionné
Renforcement bastionné
XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout d’une enceinte adaptée aux sièges.
1653
Siège par le Grand Condé
Siège par le Grand Condé
1653 (≈ 1653)
Traces de boulets sur la tour Saint-Laurent.
1659
Traité des Pyrénées
Traité des Pyrénées
1659 (≈ 1659)
Fin du rôle militaire de Roye.
XVIIIe-XIXe siècles
Démantèlement partiel
Démantèlement partiel
XVIIIe-XIXe siècles (≈ 1865)
Conversion en promenade publique.
1992
Inscription monument historique
Inscription monument historique
1992 (≈ 1992)
Protection de la tour et courtine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour Saint-Laurent et courtine qui la jouxte au Nord (cad. AB 11, 438) : inscription par arrêté du 31 août 1992
Personnages clés
| Grand Condé - Général au service de l’Espagne |
A dirigé le siège de 1653. |
Origine et histoire
Les remparts de Roye constituent les vestiges d’une enceinte fortifiée médiévale située dans le sud-est du département de la Somme, en région Hauts-de-France. Ces fortifications, aujourd’hui partiellement disparues, comprenaient à l’origine sept tours et trois portes d’accès, dont seule la tour Saint-Laurent subsiste. Construite au XVe siècle en brique sur un soubassement de grès, cette tour massive porte encore les stigmates des combats, notamment des impacts de boulets datant du siège de 1653 mené par les troupes du Grand Condé au service de l’Espagne. La courtine de grès adjacente, prolongement nord de la tour, témoigne des renforcements bastionnés ajoutés au XVIe siècle.
La ville de Roye, stratégique, a subi de nombreux assauts entre 1419 et 1653, notamment deux sacks par les armées espagnoles. Après le traité des Pyrénées (1659) et l’annexion de l’Artois par la France, les remparts, devenus obsolètes, furent progressivement démantelés aux XVIIIe et XIXe siècles. Malgré les destructions massives de la Première Guerre mondiale, qui rasèrent une grande partie de la ville, une portion des remparts a survécu. Les vestiges restants, incluant la tour Saint-Laurent et sa courtine, ont été inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1992. Ils appartiennent aujourd’hui à la commune.
L’enceinte médiévale, initialement conçue pour protéger la ville, reflète les évolutions militaires de son époque. Les bastions ajoutés au XVIe siècle illustrent l’adaptation aux nouvelles techniques de siège, tandis que les traces de combats sur la tour Saint-Laurent rappellent les conflits franco-espagnols. Après leur abandon, les remparts furent en partie convertis en promenade publique, marquant leur transition d’un rôle défensif à un usage civil. Leur préservation, malgré les guerres et les démantèlements, en fait un témoignage rare de l’architecture militaire picarde.