Crédit photo : Jean-Pol GRANDMONT - Sous licence Creative Commons
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Frise chronologique
Âge du Bronze
Âge du Fer
XIXe siècle
Époque contemporaine
1500 av. J.-C.
1400 av. J.-C.
…
300 av. J.-C.
1900
2000
Âge du bronze (IIe millénaire av. J.-C.)
Construction du castellu
Construction du castellu Âge du bronze (IIe millénaire av. J.-C.) (≈ 1500 av. J.-C.)
Période d’édification principale.
Fin du IIIe siècle av. J.-C.
Fin de l'occupation
Fin de l'occupation Fin du IIIe siècle av. J.-C. (≈ 205 av. J.-C.)
Abandon à l’âge du fer.
1959
Découverte du site
Découverte du site 1959 (≈ 1959)
Identification par les archéologues.
1963
Fouilles de Roger Grosjean
Fouilles de Roger Grosjean 1963 (≈ 1963)
Première campagne archéologique majeure.
1975
Acquisition par l'État
Acquisition par l'État 1975 (≈ 1975)
Rachat pour préservation.
9 novembre 1982
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 9 novembre 1982 (≈ 1982)
Protection officielle du site.
1991
Première restauration
Première restauration 1991 (≈ 1991)
Travaux de conservation et mise en valeur.
2016–2017
Restauration récente
Restauration récente 2016–2017 (≈ 2017)
Ouverture au public et consolidation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le site archéologique (cad. A 47) : classement par arrêté du 9 novembre 1982
Personnages clés
Roger Grosjean - Archéologue
Fouilles initiales en 1963.
François de Lanfranchi - Archéologue
Fouilles jusqu’aux années 1990.
Bianco (IXe siècle) - Comte de Corse
Constructeur du Castellu di Capula.
Origine et histoire
Le Castellu di Cucuruzzu, découvert en 1959 à Levie (Corse-du-Sud), est un site emblématique de la culture torréenne, caractéristique de la Protohistoire corse. Attribué à l’Âge du bronze, il fut occupé jusqu’au second âge du fer (fin du IIIe siècle av. J.-C.). Le site se distingue par son architecture défensive : une enceinte massive de 40 m de long, construite en blocs de granite pesant jusqu’à 1 tonne, et une tour (torra) voûtée en encorbellement, unique en Corse. Son isolement à 700 m d’altitude a favorisé sa conservation exceptionnelle.
Les fouilles, menées par Roger Grosjean (1963) puis François de Lanfranchi (jusqu’aux années 1990), ont révélé un complexe organisé autour d’une cour centrale, d’une coursive couverte servant de chemin de ronde, et de trois diverticules (C1 à C3) interprétés comme des réserves. Le matériel archéologique — céramiques, outils en silex, obsidienne, et bronze — est conservé au musée de l’Alta Rocca à Levie. Le site, acquis par l’État en 1975 et classé monument historique en 1982, appartient aujourd’hui à la Collectivité de Corse.
La torra, séparée du castellu par un chaos rocheux, domine l’ensemble de 10 m. Son accès, protégé par un couloir à niches latérales, mène à une salle semi-circulaire voûtée, témoignant d’un savoir-faire architectural avancé. Des traces d’occupation néolithique (outils lithiques) précèdent la construction du castellu, confirmant une fréquentation ancienne du site. À proximité, le Castellu di Capula (IXe siècle), bâti sur des fondations protohistoriques, abrite une statue-menhir décorée d’une épée et de motifs anatomiques, découverte en remploi dans les structures médiévales.
Les restaurations (1991, 2016–2017) ont permis d’ouvrir le site au public tout en assurant sa conservation. Les fouilles ont aussi mis au jour des foyers sur dallage et une cupule gravée devant le diverticule C2, éléments rares éclairant les pratiques quotidiennes et symboliques des communautés torréennes. Ce site, avec sa torra intacte et son système défensif sophistiqué, offre un témoignage majeur de l’organisation sociale et militaire de la Corse protohistorique.
La culture torréenne, marquée par ces constructions en pierre monumentales, reflète une société hiérarchisée et sédentaire, maîtrisant l’agriculture, l’élevage, et les échanges méditerranéens (obsidienne, bronze). Les castelli, souvent perchés, servaient de refuges, de centres politiques, et de lieux de stockage, illustrant une adaptation remarquable au relief insulaire. Le site de Cucuruzzu, par son état de conservation et la richesse de ses vestiges, constitue une référence pour l’étude de cette civilisation.
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