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Banc-reposoir dit Banc du roi de Rome à Froeschwiller dans le Bas-Rhin

Bas-Rhin

Banc-reposoir dit Banc du roi de Rome

    104 Rue Principale
    67360 Frœschwiller
Crédit photo : Rudolf Wild - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
22 avril 1811
Circulaire préfectorale
1811-1812
Construction des premiers bancs
1854
Seconde vague de constructions
1910
Abandon de l’entretien
20 octobre 1982
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir dit Banc du roi de Rome (cad. 7 40) : inscription par arrêté du 20 octobre 1982

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin Initiateur des bancs en 1811.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin Relance la construction en 1854.
Napoléon Ier - Empereur des Français Père du roi de Rome, inspiré des bancs.
Marie-Louise d'Autriche - Impératrice, épouse de Napoléon Ier Mère du roi de Rome célébré.
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III Inspiratrice des bancs de 1854.

Origine et histoire

Le banc-reposoir dit Banc du roi de Rome, situé à Frœschwiller, est un monument typique de l'Alsace du début du XIXe siècle. Ces bancs publics, construits en pierre, servaient de haltes aux paysans et paysannes se rendant aux marchés ou foires. Les femmes y déposaient leurs paniers lourds sur le linteau, tandis que les hommes y plaçaient leurs hottes. Souvent entourés de tilleuls, ces bancs étaient aussi des lieux de repos ombragés, avec des bornes latérales pour faciliter la remise en selle des cavaliers.

En 1811-1812, le préfet du Bas-Rhin Adrien de Lezay-Marnésia lança un programme de construction de ces bancs pour célébrer la naissance du roi de Rome, fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d'Autriche. Dans une circulaire du 22 avril 1811, il demanda aux municipalités d’ériger ces monuments tous les 2,5 km le long des routes, avec un banc et des arbres. Les communes devaient financer ces ouvrages, surnommés Nabele Bänk (« bancs de Napoléon »), bien que certaines aient refusé en invoquant un terrain inadapté.

125 bancs furent construits en 1811, mais peu ont survécu. Une seconde vague de constructions eut lieu en 1854, sous l’impulsion du préfet Auguste-César West, pour marquer l’anniversaire du mariage de Napoléon III et d’Eugénie de Montijo. Cette fois, le département prit en charge les coûts, incitant les communes réticentes après les crises économiques de 1846-1848. Parmi les 448 bancs érigés, beaucoup furent endommagés par le temps ou négligés, notamment après 1870, lorsque l’Alsace fut annexée par l’Allemagne. En 1910, leur forme fut jugée obsolète, et leur entretien abandonné.

Le banc de Frœschwiller, inscrit aux monuments historiques en 1982, est l’un des rares témoignages de cette initiative. Ces monuments reflètent à la fois une volonté politique de commémoration napoléonienne et une réponse aux besoins pratiques des populations rurales alsaciennes. Leur déclin au XXe siècle illustre l’évolution des modes de transport et des usages sociaux, ainsi que les aléas de la préservation du patrimoine local.

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