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Banc-reposoir dit banc du Roi de Rome

Banc-reposoir dit banc du Roi de Rome

    D21
    67600 Sélestat
Propriété du département
Crédit photo : Erics67 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
22 avril 1811
Lettre du préfet aux municipalités
1811-1812
Construction des premiers bancs-reposoirs
1853-1854
Seconde vague de construction
1906
Mesures d'entretien non suivies
27 juillet 1910
Déclaration d'obsolescence
20 octobre 1982
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Banc-reposoir dit banc du Roi de Rome : inscription par arrêté du 20 octobre 1982

Personnages clés

Adrien de Lezay-Marnésia - Préfet du Bas-Rhin Initiateur des bancs-reposoirs en 1811-1812.
Auguste-César West - Préfet du Bas-Rhin Relance la construction en 1853-1854.
Marie-Louise d'Autriche - Épouse de Napoléon Ier Mère du Roi de Rome, inspiratrice indirecte.
Eugénie de Montijo - Impératrice, épouse de Napoléon III À l'origine de la seconde vague de bancs.

Origine et histoire

Le banc-reposoir dit banc du Roi de Rome, situé à Sélestat, est un monument emblématique de l'Alsace du début du XIXe siècle. Ces bancs publics, construits en pierre, étaient conçus pour offrir un lieu de repos aux paysans et paysannes se rendant aux marchés ou foires. Les femmes y déposaient leurs lourds paniers remplis de produits agricoles sur le linteau supérieur, tandis que les hommes pouvaient y poser leurs hottes. Ces bancs étaient souvent entourés de tilleuls pour offrir de l'ombre.

Ce type de banc-reposoir a été érigé en Alsace entre 1811 et 1812, à l'initiative du préfet du Bas-Rhin Adrien de Lezay-Marnésia. L'objectif était de commémorer la naissance du Roi de Rome, fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise d'Autriche. Le préfet avait demandé aux municipalités d'installer ces bancs tous les 2,5 kilomètres le long des routes et chemins communaux, accompagnés de plantations d'arbres. Les communes devaient financer ces constructions, bien que certaines aient résisté en invoquant des contraintes géographiques.

En 1853, une seconde vague de construction fut lancée par le préfet Auguste-César West, reprenant l'idée de Lezay-Marnésia et répondant à un vœu de l'Impératrice Eugénie. Cette fois, les frais furent pris en charge par le département, ce qui permit la construction de 448 bancs en 1854. Ces monuments, souvent en grès des Vosges, étaient destinés à améliorer les conditions de vie des populations rurales après la crise économique des années 1846-1848.

Malgré leur utilité, ces bancs ont subi les outrages du temps et des hommes. Après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne en 1870, des mesures d'entretien furent prescrites en 1906, mais elles ne furent pas appliquées. En 1910, les autorités allemandes jugèrent ces bancs obsolètes, car les pratiques agricoles avaient évolué avec l'apparition de carrioles. Les bancs endommagés ne furent plus restaurés, et beaucoup disparurent.

Aujourd'hui, seuls quelques bancs-reposoirs subsistent en Alsace. Celui de Sélestat, inscrit aux monuments historiques en 1982, est un témoignage rare de cette initiative napoléonienne. Ces monuments rappellent une époque où les déplacements des paysans étaient encore marqués par des charges lourdes et des haltes nécessaires, dans un contexte rural en pleine mutation.

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