Frise chronologique
1787
Construction de la barrière
Construction de la barrière
1787 (≈ 1787)
Œuvre de Claude-Nicolas Ledoux, avec colonnes et pavillons.
13 juin - 28 juillet 1794
Installation de la guillotine
Installation de la guillotine
13 juin - 28 juillet 1794 (≈ 1794)
1 306 exécutions pendant la Terreur.
30 mars 1814
Bataille de Paris
Bataille de Paris
30 mars 1814 (≈ 1814)
Résistance des polytechniciens contre la Sixième Coalition.
1845
Ajout des statues
Ajout des statues
1845 (≈ 1845)
Philippe Auguste et Saint Louis surmontent les colonnes.
24 avril 1907
Classement monument historique
Classement monument historique
24 avril 1907 (≈ 1907)
Protection des pavillons et colonnes.
2008-2010
Restauration majeure
Restauration majeure
2008-2010 (≈ 2009)
Rénovation des colonnes et statues.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pavillon et sa colonne : classement par arrêté du 24 avril 1907
Personnages clés
| Claude-Nicolas Ledoux - Architecte |
Concepteur de la barrière en 1787. |
| Auguste Dumont - Sculpteur |
Auteur de la statue de Philippe Auguste (1845). |
| Antoine Étex - Sculpteur |
Auteur de la statue de Saint Louis (1845). |
| Corneille Theunissen - Sculpteur |
Créateur du *Conscrit de 1814* (1914). |
Origine et histoire
La barrière du Trône, aussi appelée barrière de Vincennes, était une barrière d'octroi construite dans la seconde moitié du XVIIIe siècle sur les plans de l'architecte Claude-Nicolas Ledoux. Située sur l'actuelle avenue du Trône, près de la place de la Nation (ancienne place du Trône), elle marquait une entrée royale dans Paris. Composée de deux colonnes de 28 mètres encadrant une grille de 60 mètres, elle servait à percevoir les taxes sur les marchandises entrant dans la capitale. Deux pavillons latéraux abritaient les bureaux des commis de l'octroi.
Entre juin et juillet 1794, la guillotine y fut installée, entraînant l'exécution de 1 306 personnes, dont les corps furent enterrés dans des fosses provisoires avant la création du cimetière de Picpus. Ce lieu devint aussi un symbole de résistance : le 30 mars 1814, des élèves de l'École polytechnique y défirent les troupes coalisées (russes, prussiennes, autrichiennes) avec une batterie de 28 canons, épisode commémoré en 1914 par la statue Le Conscrit de 1814.
En 1845, les colonnes furent surmontées de statues en bronze représentant Philippe Auguste (par Auguste Dumont) et Saint Louis (par Antoine Étex). Classée monument historique en 1907, la barrière a subi d'importantes restaurations entre 2008 et 2010 pour sauver ses pierres effritées. Aujourd’hui, les pavillons abritent des logements sociaux, tandis que les colonnes, toujours visibles, marquent l’accès au cours de Vincennes.
Photographiée par Hippolyte Bayard (1849) et Eugène Atget (1903-1904), la barrière illustre l’héritage architectural et politique de la Révolution française et du XIXe siècle. Son histoire mêle fiscalité, répression révolutionnaire, résistance nationale et patrimoine urbain, reflétant les bouleversements de Paris entre Ancien Régime et époque contemporaine.