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Ferme de Bel-Air en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Ferme de Bel-Air


    Frangy

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
XVe–XVIe siècles
Construction du corps de logis
1678
Rénovation par Charles Bouvier
1730
Agrandissement par Philibert Chaumontet
1788
Décors peints commandés
1819
Vente aux enchères
2010
Inscription monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Charles Bouvier - Notaire et fermier Premier propriétaire attesté en 1678.
Philibert Chaumontet - Notaire à Frangy (1773–1816) Agrandit le domaine au XVIIIe siècle.
Louis Bouvier - Bourgeois d’Annecy, héritier Fils de Charles, châtelain et fermier.
Joseph-Marie Chaumontet - Avocat au Sénat de Savoie Propriétaire en 1760 après ses parents.
Claude-François Chaumontet - Fermier de Jarsagne Sauve les bâtiments en 1819.

Origine et histoire

La ferme de Bel-Air, située au lieu-dit Bel-Air sur la commune de Frangy (Haute-Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes), est un ensemble architectural composé d’un corps de logis des XVe–XVIe siècles et de dépendances agricoles des XVIIIe–XIXe siècles. Classée monument historique en 2010, elle illustre l’activité viticole historique de la région, avec des vestiges comme un pressoir et des caves voûtées. Ses décors peints du XVIIIe siècle, redécouverts en 2004, et son pigeonnier extérieur, symbole de privilège nobiliaire, en font un site remarquable.

Le domaine, remanié dès 1678 par la famille Bouvier (notaires et fermiers), passe aux Chaumontet au XVIIIe siècle, qui l’agrandissent et l’embellissent. Philibert Chaumontet, notaire à Frangy (1773–1816), lui donne sa configuration actuelle. Vendue aux enchères en 1819, la ferme reste dans la famille jusqu’au début du XXe siècle, avant d’être rachetée par des cultivateurs de Gruffy. Menacée de destruction en 2009, son inscription comme monument historique permet sa préservation, malgré des transformations agricoles modernes.

Le corps de logis, orienté est-ouest, conserve des éléments défensifs (meurtrières, escalier à vis) et des plafonds à la française du XVIIIe siècle. Les décors peints, attribués à un artiste piémontais anonyme, représentent des scènes maritimes et des paysages, tandis que le pigeonnier, construit après 1730, reflète le statut social de ses propriétaires. Le réseau hydraulique du XVIIe siècle, incluant un aqueduc et un lavoir public, témoigne de l’ingénierie rurale de l’époque.

La ferme produit du vin (Roussette de Savoie, Gamay) jusqu’aux années 1960, dans une région réputée pour ses crus. Aujourd’hui occupée par des propriétaires privés, elle n’est pas ouverte au public, mais des visites exceptionnelles peuvent être organisées. Son inscription au titre des monuments historiques couvre le logis, le pigeonnier, le lavoir, le puits et les dépendances, malgré des tensions avec la mairie de Frangy lors de sa protection.

Les menaces de destruction en 2009, liées à un projet d’élargissement d’un chemin rural, ont mobilisé les propriétaires et conduit à une médiatisation salvatrice. Les décors peints, masqués au XXe siècle, ont été partiellement restaurés, révélant des scènes de vie du XVIIIe siècle. Le marronnier séculaire et les murets du jardin à l’italienne (XVIIe siècle) complètent ce patrimoine, labellisé par la Fondation du Patrimoine et membre de La Demeure Historique.

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