Origine et histoire de la Bibliothèque nationale de France
La Bibliothèque nationale de France (BnF) trouve ses origines dans la bibliothèque royale fondée en 1368 par Charles V au Louvre. Ce premier fonds, composé de 917 manuscrits, fut dispersé sous l'occupation anglaise au XVe siècle. Ce n'est qu'à partir du règne de Louis XI (1461-1483) que la bibliothèque royale connut une continuité, s'enrichissant progressivement sous ses successeurs, notamment grâce à François Ier, qui institua le dépôt légal en 1537 et confia la garde des collections à Guillaume Budé. La bibliothèque fut transférée à plusieurs reprises (Amboise, Blois, Fontainebleau) avant de s'installer définitivement à Paris sous Henri IV, puis dans l'hôtel de Nevers sous Louis XV, où elle fut ouverte au public en 1692.
La Révolution française marqua un tournant avec la transformation de la Bibliothèque royale en Bibliothèque nationale, enrichie par les confiscations des biens des émigrés et des établissements religieux supprimés. Au XIXe siècle, des agrandissements majeurs furent réalisés, notamment par Henri Labrouste, qui construisit la célèbre salle de lecture. En 1994, la BnF devint un établissement public à caractère administratif, et le site François-Mitterrand, conçu par Dominique Perrault, fut inauguré en 1995. Ce nouveau site, situé dans le 13e arrondissement, symbolise la modernité avec ses quatre tours en forme de livres ouverts et un jardin central de 9 000 m2, tout en abritant des collections patrimoniales exceptionnelles.
Le site François-Mitterrand, souvent surnommé la « Très Grande Bibliothèque » (TGB), fut conçu pour répondre aux besoins d'une bibliothèque universelle, accessible à tous et utilisant les technologies les plus avancées. Il accueille aujourd'hui plus de 15 millions de documents, dont des manuscrits médiévaux enluminés, des incunables, des partitions originales, et des archives numériques. Le site historique de Richelieu, rénové entre 2010 et 2022, abrite quant à lui des départements spécialisés, comme le Cabinet des Médailles, et un musée présentant les trésors de la BnF. La BnF joue également un rôle clé dans la numérisation et la diffusion du patrimoine culturel, notamment via sa bibliothèque numérique Gallica, qui donne accès à plus de 11 millions de documents.
La BnF est organisée en plusieurs directions et départements, couvrant des domaines variés tels que les collections, la conservation, la coopération nationale et internationale, et les activités culturelles. Elle collabore avec d'autres bibliothèques françaises et étrangères, participe à des projets européens comme Europeana, et développe des activités de recherche et d'édition. Son budget, principalement financé par l'État, lui permet de mener à bien ses missions de collecte, de conservation et de diffusion des connaissances, tout en modernisant ses infrastructures et ses services.
Parmi les collections les plus remarquables de la BnF figurent des manuscrits enluminés médiévaux, des partitions autographes de compositeurs célèbres (comme Mozart ou Beethoven), des œuvres littéraires originales (de Proust à Sartre), et des documents historiques uniques, tels que le Papyrus Prisse ou le Jikji, le plus ancien imprimé au monde avec des caractères mobiles métalliques. Le site Richelieu, après sa rénovation, propose un musée permanent mettant en valeur ces trésors, tandis que le site François-Mitterrand continue d'accueillir chercheurs et grand public dans des espaces dédiés à la consultation et à la découverte.
La BnF a également essuyé des critiques, notamment lors de sa construction, en raison de son coût élevé et de certains dysfonctionnements initiaux. Cependant, elle est aujourd'hui reconnue comme une institution majeure, tant pour la richesse de ses collections que pour son rôle dans la préservation et la valorisation du patrimoine écrit et numérique. Son engagement dans la coopération internationale, la numérisation des fonds, et l'organisation d'expositions et d'événements culturels en fait un acteur incontournable de la vie intellectuelle et culturelle française.