Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Palais épiscopal de Noyon dans l'Oise

Oise

Palais épiscopal de Noyon


    Noyon

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
600
700
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
VIe siècle
Fondation de l'évêché
XIIe siècle (vers 1170-1183)
Construction du palais et chapelle
1501-1528
Logis Renaissance
1630-1674
Corps de bâtiment classique
1895
Démantèlement de la chapelle
1918
Incendie du palais
1924-1938
Reconstruction à l'identique
1948
Ouverture du musée
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Médard - Évêque de Noyon Obtient le palais royal au VIe siècle.
Charles de Hangest - Évêque (début XVIe) Commanditaire du logis Renaissance.
Henri de Baradat - Évêque (XVIIe) Reconstruit le corps de bâtiment.
Paul Selmersheim - Architecte (XIXe) Démantèle la chapelle en 1897.
Louis-André de Grimaldi - Dernier évêque (1790) Construisit un bâtiment pour les archives.

Origine et histoire

Le palais épiscopal de Noyon, situé dans l’Oise en région Hauts-de-France, trouve ses origines au VIe siècle lorsque l’évêque Médard obtient une partie du palais royal de Clotaire pour y établir son évêché. Au VIIIe siècle, le siège épiscopal est déplacé près de la cathédrale, le long des remparts gallo-romains encore visibles. La construction du palais actuel débute au XIIe siècle, avec une tour rectangulaire à trois niveaux (la tour Roland) et une grande salle adjacente, dont subsistent des arcatures et des baies ornées de chapiteaux des années 1170. Une cour est ajoutée en 1095 par l’évêque Étienne Ier de Nemours, marquant une première extension significative.

Au XVIe siècle, l’évêque Charles de Hangest entreprend la construction d’un nouveau logis (1501-1528), de style Renaissance, adossé à la tour médiévale. Ce bâtiment, orné de frontons classiques et de dentelles de pierre gothiques flamboyantes, porte les armes de la famille de Hangest. Un siècle plus tard, Henri de Baradat fait ériger un corps de bâtiment classique (1630-1674) à la place de la grande salle médiévale, décoré de pilastres ioniques. En 1790, l’évêque Louis-André de Grimaldi y ajoute un bâtiment pour les archives avant que le palais ne soit confisqué lors de la Révolution et transformé en siège administratif.

La chapelle épiscopale, construite vers 1183 en parallèle du chevet de la cathédrale, illustre une innovation architecturale majeure : ses baies jumelles surmontées d’un oculus préfigurent le style gothique. Détruite partiellement en 1897 par l’architecte Paul Selmersheim pour dégager la cathédrale, elle subit aussi un incendie en 1728 et des dommages irréversibles pendant la Première Guerre mondiale. Les ruines sont stabilisées dans les années 1930, puis restaurées en 2010. Le palais, incendié en 1918, est reconstruit à l’identique entre 1924 et 1938 pour accueillir le musée du Noyonnais, inauguré en 1948 après plusieurs déménagements des collections.

Aujourd’hui, le musée abrite des collections archéologiques (objets gallo-romains, stèles funéraires), des éléments du trésor de la cathédrale (coffres médiévaux, jeu d’échecs du XIe siècle), et des peintures, dont celles de Joseph-Félix Bouchor. Le palais, témoin des évolutions architecturales du XIIe au XVIIIe siècle, mêle ainsi héritage médiéval, Renaissance et classique, tout en jouant un rôle culturel majeur pour la ville de Noyon.

Liens externes