Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Borne milliaire à Limoges en Haute-Vienne

Haute-Vienne

Borne milliaire

    10 Rue de la Règle
    87000 Limoges
Crédit photo : Florian Vallentin du Cheylard (1851-1883) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1821
Description par Allou
XVIIIe siècle
Première mention attestée
1882
Interprétation de Vallentin
29 août 1893
Destruction du monument
29 janvier 1894
Classement posthume
1956
Radiation des objets mobiliers
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Borne milliaire : classement par liste de 1900

Personnages clés

Pierre Beaumesnil - Antiquaire et dessinateur A représenté la borne entre 1774 et 1787.
Charles-Nicolas Allou - Historien local A décrit la borne en 1821, douteux sur son usage.
Florian Vallentin - Épigraphiste A proposé une lecture partielle (« Antonin ») en 1882.
Émile Espérandieu - Spécialiste en épigraphie A considéré la borne comme anépigraphe en 1890.
François Chénieux - Maire de Limoges (1893) Responsable de sa destruction pendant son mandat.
François Arbellot - Président de la Société archéologique A regretté sa destruction en 1893.

Origine et histoire

La borne milliaire gallo-romaine de Limoges, probablement une colonne itinéraire, était connue depuis au moins le XVIIIe siècle. Elle fut détruite en 1893 par le Service des travaux publics de Limoges, malgré des doutes sur son authenticité et sa lisibilité. Plusieurs auteurs, comme Charles-Nicolas Allou et Florian Vallentin, tentèrent d’interpréter ses inscriptions, mais sans consensus. Certains y virent une dédicace à l’empereur Antonin, tandis que d’autres, comme Émile Espérandieu, ne distinguèrent que des fragments illisibles comme un « T[ » ou une ligature « TI ». La pierre, en granite blanchâtre, mesurait environ 1,63 m de haut pour 0,53 m de diamètre, avec une base partiellement enterrée.

Avant sa destruction, la borne se dressait près de la porte Panet, une extension médiévale de l’enceinte de Limoges, sur la place de la Règle, face à l’entrée de l’abbaye de la Règle (devenue Grand Séminaire). Certains historiens, comme Allou, évoquèrent son origine possible dans le bourg du Palais, à une lieue de Limoges, mais cette hypothèse fut contestée. La Société archéologique du Limousin regretta vivement sa destruction en 1893, proposant son transfert au musée Adrien Dubouché. Malgré sa disparition, elle fut classée monument historique en 1894, avant d’être radiée des listes en 1956 et 1984.

La borne fut représentée dès le XVIIIe siècle par l’antiquaire Pierre Beaumesnil, qui la qualifia de milliaire, bien que son aspect et ses inscriptions fussent sujets à débat. Allou nota en 1821 qu’elle ne portait pas les caractères typiques des milliaires, tandis que Vallentin la compara à une borne de 243 dédiée à Gordien III. Espérandieu, après une visite infructueuse en 1890, la jugea anépigraphe, hormis une possible lettre « T ». Malgré ces incertitudes, sa destruction en 1893, sous le mandat du maire François Chénieux, marqua la perte d’un vestige gallo-romain emblématique, aujourd’hui connu uniquement par des descriptions et dessins anciens.

Une confusion persista avec d’autres pierres locales, comme un bloc triangulaire du cimetière du Palais ou une inscription disparue près de la cathédrale, publiée par Héron de Villefosse en 1884. Ces éléments, bien que similaires, ne doivent pas être associés à la borne de la place de la Règle. Les archives, notamment celles de la Société archéologique du Limousin et les dessins de Beaumesnil, restent les seules traces de ce monument, dont la localisation exacte (latitude/longitude) fut estimée près de l’actuelle rue de la Règle.

Classée à titre posthume en 1894 comme objet mobilier, la borne fut ensuite radiée des inventaires en 1956 (objets) et 1984 (immeubles), bien qu’elle n’ait jamais été protégée en tant qu’immeuble. Les bases Mérimée et Palissy conservent sa trace, mais aucun arrêté de déclassement officiel ne fut publié. Aujourd’hui, son histoire illustre les pertes patrimoniales du XIXe siècle et les défis de l’épigraphie romaine, entre interprétations fragmentaires et destructions irréversibles.

Liens externes