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Bourse du Travail et son marché couvert à Calais dans le Pas-de-Calais

Bourse du Travail et son marché couvert

    29B Rue du Four à Chaux
    62100 Calais
Propriété de la commune

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1937-1939
Construction du bâtiment
1940-1944
Réquisition allemande
1994
Restauration du marché couvert
1998
Restauration des façades
28 juin 2000
Protection au titre des Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Bourse du Travail et son marché couvert (cad. AL 675) : inscription par arrêté du 28 juin 2000

Personnages clés

Roger Poyé - Architecte Concepteur du bâtiment et de son intégration urbaine.
R. Coin - Sculpteur (Lille) Auteur du bas-relief *Paix et Travail* et du buste de Marianne.
Max Ingrand - Peintre Co-auteur de la fresque monumentale de la salle.
Paule Ingrand - Peintre Co-autrice de la fresque monumentale de la salle.
A. Marissal - Sculpteur Auteur des bas-reliefs *Industrie* et *Agriculture*.
Borrewater - Staffeur Réalisateur de la frise des corps de métiers.

Origine et histoire

La Bourse du Travail de Calais, construite entre 1937 et 1939 par l’architecte Roger Poyé, s’inscrit dans le quartier ouvrier de Saint-Pierre, sur la place Crèvecoeur. Ce bâtiment polyvalent, à la fois lieu syndical et marché couvert, se distingue par son plan carré (26 m de large, 29 m de haut) et ses façades en béton recouvertes de briquettes brun foncé. L’élévation principale, ornée d’un bas-relief allégorique de 3 x 8,50 m signé par le sculpteur lillois R. Coin (représentant la Paix et le Travail), domine une entrée en brique menant à un hall décoré d’une Marianne, également de Coin. Les galeries intérieures, ponctuées de bas-reliefs dédiés à l’Industrie et à l’Agriculture (par A. Marissal), mènent à une salle des syndicats de 1 200 places, ornée d’une fresque monumentale des peintres Max et Paule Ingrand célébrant les corps de métiers locaux.

Le projet, initié dans le cadre des grands travaux des années 1930, remplace un ancien lavoir et s’intègre face au palais de justice et à l’église du quartier. Conçu pour les syndicats calaisiens, le bâtiment fut achevé peu avant la Seconde Guerre mondiale, sans inauguration officielle, puis réquisitionné par les Allemands pendant l’Occupation. Son architecture, marquée par des éléments Art déco (baies verticales en béton, staffs décoratifs, éclairage zénithal), illustre l’importance des mouvements ouvriers dans l’urbanisme du XXe siècle. Restauré partiellement dans les années 1990 (marché couvert en 1994, façades en 1998), l’édifice reste un témoignage majeur de l’œuvre de Poyé et de la vie sociale calaisienne, mêlant fonctions pratiques et symboles républicains.

La salle des syndicats, cœur du complexe, se signale par sa voûte éclairée par 18 niches en staff et son cadre de scène décoré de la fresque des Ingrand, signée en bas à droite. Les entrées du marché couvert, situées aux angles du bâtiment, sont abritées par des marquises de béton éclairées de pavés de verre, tandis que les façades latérales, plus sobres, présentent des fenêtres métalliques remplacées lors des restaurations par des huisseries en PVC. L’ensemble, protégé par arrêté du 28 juin 2000, incarne à la fois une réalisation technique (usage innovant du béton) et une volonté politique de valoriser le monde du travail dans l’espace urbain.

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