Origine et histoire du Calvaire de la Croix-de-Gohazé
Le calvaire de la Croix-de-Gohazé est situé au lieu-dit Gohazé, dans la commune de Saint-Thuriau (Morbihan, Bretagne). Ce monument, daté du XVIe siècle, fait partie d’un ancien enclos paroissial, caractéristique des constructions bretonnes de cette période. Il est composé d’une croix monumentale en granit, avec un socle carré exhaussé de trois marches et un fût surmonté d’un Christ en croix au recto et d’une Vierge à l’Enfant au verso. Ces sculptures sont abritées sous un dais à colonnettes, typique de l’art religieux breton.
Le calvaire est associé à la chapelle Notre-Dame de Joie de Gohazé, édifiée entre les XVe et XVIe siècles. Cette chapelle, de plan en croix latine, présente un clocher-porche carré coiffé d’une flèche d’ardoise, ainsi qu’une façade sud richement ornée, réservée aux paroissiens. L’enclos paroissial, aujourd’hui partiellement conservé, comprenait à l’origine un muret, un échalier, un ossuaire (aujourd’hui disparu) et un cimetière. Ces éléments reflétaient la prospérité économique de la région, liée à l’industrie toilière des XVIe et XVIIe siècles, qui permit l’embellissement des édifices religieux.
Le calvaire de la Croix-de-Gohazé a été inscrit au titre des monuments historiques le 8 mai 1933. Il témoigne de l’importance des enclos paroissiaux en Bretagne, conçus pour protéger les sépultures et symboliser le salut de l’âme. La chapelle voisine, avec sa charpente datée de 1610 et ses vitraux partiellement originaux, illustre la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance dans l’architecture religieuse bretonne. Certains éléments, comme le blason des Rohan sur un vitrail, rappellent les liens entre le monument et les familles nobles locales.
Aujourd’hui, l’enclos paroissial de Gohazé a perdu plusieurs de ses composantes (ossuaire, sacristie), mais conserve son calvaire-autel et son muret d’origine. La chapelle, restaurée aux XIXe et XXe siècles sans altérer son caractère historique, reste un exemple remarquable du patrimoine religieux breton. Son décor intérieur, incluant une voûte lambrissée peinte et des sablières sculptées, ainsi que sa maîtresse-vitre flamboyante, en font un lieu chargé d’histoire et de symboles.
La localisation du calvaire, au sud de la chapelle, et son intégration dans un paysage marqué par l’histoire paroissiale, en font un monument emblématique de Saint-Thuriau. Son inscription aux monuments historiques souligne sa valeur patrimoniale, tant architecturale qu’historique, dans le contexte des enclos paroissiaux bretons, aujourd’hui partiellement disparus.