Décret-loi anti-nomades 6 avril 1940 (≈ 1940)
Interdiction de circulation des Tsiganes en France.
8 novembre 1941
Arrivée des premiers Tsiganes
Arrivée des premiers Tsiganes 8 novembre 1941 (≈ 1941)
Transfert depuis le camp de la Morellerie.
août 1942
Pic de population
Pic de population août 1942 (≈ 1942)
1 096 internés recensés dans le camp.
janvier 1945
Fermeture du camp tsigane
Fermeture du camp tsigane janvier 1945 (≈ 1945)
Transfert vers Jargeau et les Alliers.
8 juillet 2010
Inscription monument historique
Inscription monument historique 8 juillet 2010 (≈ 2010)
Protection des vestiges du camp.
29 octobre 2016
Cérémonie nationale
Cérémonie nationale 29 octobre 2016 (≈ 2016)
Reconnaissance officielle par l’État français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges suivants du camp d'internement : la prison, le réfectoire, l'école, l'infirmerie, les water collectifs, les logements (cad. YX 7 ; ZE 7 à 9, 12) : inscription par arrêté du 8 juillet 2010 - L'intégralité des vestiges et le sol des parcelles de l'ancien camp (cad. ZE 7, 8 ; YX 7) : classement par arrêté du 27 septembre 2012 - Les vestiges de l'ancien camp d'internement et les sols de la parcelle ZE 141 : classement par arrêté du 4 décembre 2013
Personnages clés
Jacques Sigot - Historien local
A révélé l’histoire du camp (ouvrage en 1983).
François Hollande - Président de la République
Reconnut la responsabilité de la France en 2016.
Kkrist Mirror - Auteur
Documenta le camp (*Tsiganes 1940-1945*, 2008).
Origine et histoire du Camp de concentration
Le camp de concentration de Montreuil-Bellay fut installé sur le site d’une ancienne poudrière française, transformée en stalag par les Allemands en juin 1940. En 1941, le régime de Vichy en fit un « camp de concentration régional » dédié aux Tsiganes, conformément à la politique de séparation des internés par origines. Ce choix répondait aussi à une volonté de réduire les effectifs de garde, en évitant la cohabitation entre Juifs et Tsiganes dans un même lieu.
Le décret-loi du 6 avril 1940 interdit la circulation des nomades en France, suspectés d’espionnage. Les premiers internés tsiganes arrivèrent le 8 novembre 1941, transférés depuis le camp de la Morellerie (Indre-et-Loire), suivi de 213 détenus du camp de Coray (Finistère) le 2 décembre. Jusqu’à 1 096 personnes y furent enfermées en août 1942. Des clochards de Nantes y furent aussi internés en 1942. Le camp ferma en janvier 1945, les derniers détenus étant transférés vers les camps de Jargeau et des Alliers, d’où ils furent libérés en mars 1946.
Après le départ des Tsiganes, le site servit à l’internement de civils allemands en 1945. Les vestiges du camp — prison, réfectoire, école, infirmerie et logements — furent partiellement préservés grâce à leur classement aux monuments historiques entre 2010 et 2013. Une stèle commémorative y fut inaugurée en 1988, suivie d’une cérémonie nationale en 2016 en présence du président François Hollande, reconnaissant la responsabilité de l’État français. Un mémorial et un musée sont prévus pour 2026.
Les travaux de l’historien local Jacques Sigot, publiés dès 1983, révélèrent l’histoire de ce camp longtemps méconnu. Son ouvrage Des barbelés que découvre l'Histoire (2010) et ceux d’autres chercheurs, comme Kkrist Mirror (Tsiganes 1940-1945, 2008), documentent les conditions de vie des internés et le contexte du Porajmos (génocide des Tsiganes). Le site, aujourd’hui propriété mixte (commune et privés), fait l’objet d’un projet de valorisation mémorielle depuis 2016.