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Camp de concentration du Struthof à Natzwiller dans le Bas-Rhin

Patrimoine classé Vestiges de la Guerre 39-45 Camp de concentration

Camp de concentration du Struthof

  • Struthof
  • 67130 Natzwiller
67130 Natzwiller, Struthof

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1941
Création du camp
août 1942
Début des exécutions
juin 1943
Arrivée des premiers « NN »
août 1943
Gazage de 86 Juifs
septembre 1944
Évacuation du camp principal
25 novembre 1944
Libération par les Américains
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Heinrich Himmler - Reichsführer-SS Ordonna la création du camp en 1941.
August Hirt - Professeur d’anatomie (Ahnenerbe) Responsable d’expériences sur gaz moutarde.
Joseph Kramer - Commandant du camp (1942-1944) Surnommé « la Bête de Belsen », organisa les gazages.
Eugen Haagen - Bactériologiste Expériences sur typhus et vaccins.
Friedrich Hartjenstein - Commandant (1944-1945) Supervisa l’évacuation et les marches de la mort.
Otto Bickenbach - Virologiste Tests de phosgène en chambre à gaz.

Origine et histoire du Camp de concentration

Le Konzentrationslager Natzweiler, plus connu sous le nom de camp du Struthof, fut établi en 1941 par les nazis sur le mont Louise, près du village alsacien de Natzwiller (germanisé en Natzweiler), après l’annexion de fait de l’Alsace par le IIIe Reich. Le site fut choisi pour exploiter un filon de granit rose, sur ordre direct de Heinrich Himmler. Les premiers déportés, transférés depuis les camps de Sachsenhausen, Dachau et Buchenwald, arrivèrent en mai 1941 pour construire les infrastructures. Initialement prévu pour 3 000 détenus, le camp en compta jusqu’à 6 000 en 1944, avant son évacuation.

Entre 1941 et 1945, environ 50 000 prisonniers furent enregistrés dans le camp principal ou ses 70 camps annexes, répartis en Alsace, Moselle et Allemagne. Les déportés étaient majoritairement des opposants politiques, des résistants (dont 7 000 Français), des travailleurs forcés raflés en Europe de l’Est (35 % Polonais et Soviétiques), et 11 % de Juifs, souvent affectés aux annexes. Le Struthof devint aussi un lieu d’exécutions massives pour les condamnés à mort des tribunaux nazis d’Alsace-Moselle et du Bade-Wurtemberg, ainsi qu’un centre d’expérimentations médicales menées par des scientifiques de l’Ahnenerbe, dont le professeur August Hirt.

Le camp fut le seul en Europe à rester opérationnel après l’évacuation de son site principal, via ses annexes, jusqu’en avril 1945. Environ 17 000 morts y furent recensés, victimes des conditions inhumaines, des sévices, des marches de la mort (5 000 victimes en 1944-1945) ou des gazages (86 Juifs assassinés en août 1943 pour des recherches anatomiques). Libéré par les Américains le 25 novembre 1944, le Struthof fut aussi le premier camp nazi découvert par les Alliés à l’Ouest. Après-guerre, il servit brièvement de camp d’internement pour collaborateurs avant de devenir un mémorial.

Le Struthof se distingua par son rôle dans le décret Nuit et Brouillard (Nacht und Nebel), visant à faire disparaître les résistants sans laisser de traces. À partir de juin 1943, plus de 2 400 déportés « NN » (dont des Français, Belges et Néerlandais) y furent transférés, soumis à un régime encore plus brutal. Les expériences médicales y furent particulièrement meurtrières : tests de gaz moutarde (professeur Hirt), typhus (Eugen Haagen) ou phosgène (Otto Bickenbach), souvent sur des Tsiganes ou des détenus de droit commun. La chambre à gaz, aménagée en 1943, servit aussi à ces expérimentations.

L’organisation du camp reposait sur une hiérarchie SS impitoyable, avec cinq commandants successifs, dont Joseph Kramer (surnommé « la Bête de Belsen ») et Friedrich Hartjenstein. Les gardiens, issus de la SS-Totenkopfverbände ou de la Wehrmacht, encadraient des kapos (détenus promus surveillants), souvent aussi violents. Après l’évacuation en septembre 1944, les annexes continuèrent à fonctionner jusqu’à la libération, avec des déportés transférés vers Dachau ou d’autres camps. Plusieurs procès eurent lieu après-guerre, condamnant des responsables SS et des kapos, mais beaucoup échappèrent à la justice.

Aujourd’hui, le site du Struthof est un lieu de mémoire majeur, rappelant les crimes nazis en France. Il abrite un musée, des expositions sur les expérimentations médicales, et des monuments commémoratifs. Le granit rose, exploité par les déportés, symbolise la barbarie du système concentrationnaire, tandis que les vestiges du camp (crématoire, baraquements) témoignent des conditions de détention. Classé monument historique, il accueille des milliers de visiteurs chaque année pour honorer les victimes et éduquer sur les dangers du totalitarisme.

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Conditions de visite

  • Conditions de visite : Ouvert toute l'année
  • Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site officiel ci-dessus.
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