Frise chronologique
1667
Début des travaux
Début des travaux
1667 (≈ 1667)
Pose de la première pierre par Riquet.
1675
Première mise en eau
Première mise en eau
1675 (≈ 1675)
Achèvement provisoire du barrage.
1685
Inspection de Vauban
Inspection de Vauban
1685 (≈ 1685)
Décision d’agrandir le barrage.
1694
Achèvement des travaux de Vauban
Achèvement des travaux de Vauban
1694 (≈ 1694)
Barrage rehaussé, capacité augmentée.
1930
Aménagements touristiques
Aménagements touristiques
1930 (≈ 1930)
Création d’un centre de loisirs.
1996
Classement UNESCO
Classement UNESCO
1996 (≈ 1996)
Intégré au patrimoine mondial.
1997
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1997 (≈ 1997)
Inscription officielle du barrage.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Voir commune de : Revel
Personnages clés
| Pierre-Paul Riquet - Ingénieur et concepteur |
A initié et dirigé la construction. |
| Vauban - Inspecteur et modernisateur |
A ordonné l’agrandissement du barrage. |
| Dominique Gillade - Directeur des travaux |
Supervisa le rehaussement sous Vauban. |
| Mathieu Cayrel - Maître d’œuvre |
Acheva les travaux du mur de Vauban. |
Origine et histoire
Le lac de Saint-Ferréol est un réservoir artificiel créé au XVIIe siècle dans la montagne Noire, à cheval sur les départements de la Haute-Garonne, du Tarn et de l’Aude. Conçu comme le principal réservoir d’alimentation du canal du Midi, il fut édifié entre 1667 et 1675 sous la direction de Pierre-Paul Riquet. Ce barrage-poids, alors le plus grand au monde, utilisait une structure innovante avec trois murs en granit et des remblais pour résister à la pression hydraulique. Son rôle était crucial pour réguler le débit d’eau vers le seuil de Naurouze via la rigole de la plaine.
En 1685, Vauban inspecta le site et ordonna son agrandissement, incluant la percée des Cammazes et le rehaussement du barrage pour porter sa capacité à 6,3 millions de m3. Les travaux, menés par Dominique Gillade et Mathieu Cayrel, s’achevèrent vers 1694, faisant de Saint-Ferréol le plus grand barrage de France à l’époque. Malgré des problèmes d’étanchéité dus au granite local, l’ouvrage resta fonctionnel et fut modernisé au XIXe siècle avec des vannes en bronze.
Au XXe siècle, le lac devint un lieu touristique : en 1930, des aménagements (tennis, voile, baignade) y furent installés, remplaçant un projet initial plus ambitieux incluant hôtel et casino. Classé monument historique en 1997 et intégré au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996, le site abrite aujourd’hui un musée sur le canal du Midi. Son barrage, avec ses galeries souterraines et ses rigoles de régulation, reste un chef-d’œuvre d’ingénierie hydraulique.
Le lac s’étend sur 67 hectares, bordé par des francs-bords et alimenté par la rigole de la Montagne Noire. Son histoire reflète les défis techniques de l’époque, depuis sa construction sous Louis XIV jusqu’à ses adaptations ultérieures. Le village de Saint-Ferréol, implanté sur ses rives, et les communes voisines (Sorèze, Vaudreuille, les Brunels) partagent ce patrimoine hydraulique, aujourd’hui aussi prisé pour ses activités nautiques que pour son rôle historique.
Le barrage a également inspiré le cinéma, avec des tournages comme L’Enfer (1994) ou Le Miracle des loups (1961). Son architecture, combinant murs massifs et remblais, illustre l’audace de Riquet et de Vauban. Les visites permettent de découvrir ses galeries immergées, sa salle des robinets, et les rigoles qui évacuent les surplus d’eau vers le Laudot, témoignant d’un système hydraulique toujours opérationnel après plus de trois siècles.