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Porte de ville de Penne-d'Agenais dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Patrimoine urbain
Porte-de-ville
Lot-et-Garonne

Porte de ville de Penne-d'Agenais

    Rue du 14 Juillet
    47140 Penne-d'Agenais
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1700
1800
1900
2000
entre 1290 et 1330
Fortification de l'enceinte
début XVIIe siècle
Ajout d'un escalier
1830
Mention cadastrale
XVIIIe siècle
Modification d'une fenêtre
24 juillet 1929
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Porte de ville et la vieille maison contiguë : inscription par arrêté du 24 juillet 1929

Personnages clés

Gilles Séraphin - Historien A étudié les travaux de fortification.
A. Delletery - Chercheur A daté l’escalier du XVIIe siècle.
Jean-Baptiste Sarrazin - Propriétaire en 1830 Notable local mentionné au cadastre.
Jean Ferrand (?) - Propriétaire présumé Nom associé à la maison médiévale.

Origine et histoire

La porte de ville de Penne-d'Agenais fait partie d’un système défensif construit entre la fin du XIIIe siècle et le début du XIVe siècle, pendant les guerres de Cent Ans. L’enceinte, dotée de trois portes (porte de la ville au sud, porte Ricard à l’est et porte de Ferracap au nord), visait à protéger l’agglomération contre les menaces extérieures. Les maisons accolées, comme celle dite de Jean Ferrand, étaient intégrées au mur d’enceinte et équipées de fenêtres géminées conçues pour être condamnées en cas de danger. Ces aménagements reflètent une architecture adaptée aux conflits de l’époque, avec des matériaux variés (pierre calcaire, tuf, brique) et des éléments défensifs comme des arcs brisés et des baies étroites.

La maison médiévale attenante à la porte de ville, d’environ 11 mètres de façade sur 9 mètres de profondeur, présente une structure en trois niveaux aux matériaux distincts. Le rez-de-chaussée, surélevé sur une cave, est percé d’une porte en arc brisé, tandis que les étages supérieurs abritent des fenêtres à remplage trilobé (XIIIe–XIVe siècles) et des vestiges de baies géminées. Une cage d’escalier, ajoutée au début du XVIIe siècle selon A. Delletery, modifie partiellement l’angle sud-est. Les transformations ultérieures, comme le remplacement d’une fenêtre médiévale par une baie en arc segmentaire au XVIIIe siècle ou des percements au XIXe siècle, témoignent d’une occupation continue et d’adaptations aux besoins résidentiels. La maison, mentionnée sur le cadastre de 1830 comme propriété de Jean-Baptiste Sarrazin, illustre l’évolution d’un édifice à la fois défensif et domestique.

L’édifice, classé Monument Historique par arrêté du 24 juillet 1929, combine ainsi des fonctions militaires et civiles. Son architecture hybride — à la fois rempart et habitation — révèle les stratégies de protection des petites agglomérations pendant la guerre de Cent Ans. Les travaux de fortification entre 1290 et 1330, évoqués par Gilles Séraphin, soulignent l’importance stratégique de Penne-d’Agenais dans le réseau défensif régional. Les modifications postérieures (XVIIe–XIXe siècles) reflètent quant à elles l’adaptation progressive du bâti à des usages pacifiques, tout en conservant des traces des tensions passées.

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