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Carmel Saint-Joseph à Aire-sur-l'Adour dans les Landes

Patrimoine classé Patrimoine religieux Carmel Couvent

Carmel Saint-Joseph à Aire-sur-l'Adour

    6 Rue Maubec40800 Aire-sur-l'Adour
Propriété d'une association
Crédit photo : Bahusate - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1853
Fondation du Carmel
1903
Départ pour Izmir
1922
Retour d’Izmir
1939
Mission en Corée
1950
Martyre en Corée
2009
Protection MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Tous les éléments bâtis et non bâtis et les murs de clôture qui les enserrent (tout élément extérieur à ces murs étant exclus de la protection) (cad. CC 53, 61) : inscription par arrêté du 20 janvier 2009

Personnages clés

Catherine Augustine - Mère supérieure fondatrice Dirigea l’installation des carmélites en 1853.
Mgr Lannéluc - Évêque de Dax Solicita la fondation du Carmel.
M. de Villeneuve - Architecte Conçut les plans du couvent.
Pie XI - Pape (1922–1939) Lança l’appel missionnaire en 1939.
Mgr Adrien-Joseph Larribeau - Archevêque de Séoul Facilita la fondation en Corée.
Père Camille Bouillon - Missionnaire gersois Soutint l’implantation en Corée.

Origine et histoire du Carmel Saint-Joseph

Le Carmel Saint-Joseph d’Aire-sur-l’Adour, fondé au 3e quart du XIXe siècle, est un couvent carmélite implanté dans les Landes. Sa création résulte de l’initiative du Carmel de Libourne, cherchant à établir une maison fille. En 1853, la future mère supérieure Catherine Augustine, sollicitée par Mgr Lannéluc, collabore avec l’architecte M. de Villeneuve pour concevoir les plans. Six religieuses, dont la prieure expérimentée, s’installent dans le bâtiment encore inachevé. Ce couvent devient un pôle spirituel actif, avant d’être confié plus tard à la Communauté du Chemin Neuf.

La vie du Carmel est marquée par des fondations missionnaires audacieuses. En 1903, face aux tensions anticléricales en France, dix sœurs dont la mère supérieure partent fonder un Carmel à Izmir (Turquie), mais doivent fuir en 1922 lors de la Guerre gréco-turque. En 1939, répondant à l’appel de Pie XI, la communauté – alors prospère – envoie des religieuses en Corée, avec l’aide de Mgr Larribeau (archevêque de Séoul) et du père Camille Bouillon, tous deux originaires du Gers. Deux sœurs meurent durant la Guerre de Corée (1950), mais leur sacrifice contribue au rayonnement du Carmel de Séoul, qui essaimera en Asie.

L’architecture du Carmel allie simplicité et élégance. L’église, à nef unique flanquée de bas-côtés, compte trois travées voûtées d’ogives et un chœur aux murs peints. Elle abrite un orgue Cavaillé-Coll (1890), remarquable par son buffet en chêne et sa console à deux claviers. Le site, inscrit aux Monuments Historiques en 2009, ouvre exceptionnellement ses portes lors des Journées du Patrimoine, permettant de découvrir cloître et jardins, gérés aujourd’hui par la Communauté du Chemin Neuf.

Le Carmel incarne à la fois un héritage spirituel et une aventure humaine. Des fondations en Turquie à la Corée, en passant par les épreuves des lois anticléricales ou des conflits, son histoire reflète la résilience des communautés religieuses. La transmission du lieu à la Communauté du Chemin Neuf, après le départ des dernières carmélites, marque une nouvelle étape pour ce patrimoine vivant, toujours ancré dans la prière et l’accueil.

Liens externes

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