Frise chronologique
début XIXe siècle
Exploitation initiale
Exploitation initiale
début XIXe siècle (≈ 1904)
Début de l'extraction de calcaire dans la carrière.
1915
Aménagements troglodytes
Aménagements troglodytes
1915 (≈ 1915)
Création par le 72e R.I.T. de structures habitables.
septembre 1914 - juin 1918
Occupation militaire française
Occupation militaire française
septembre 1914 - juin 1918 (≈ 1916)
Refuge pour soldats épuisés des batailles.
23 novembre 1999
Classement monument historique
Classement monument historique
23 novembre 1999 (≈ 1999)
Inscription des habitats et sculptures rupestres.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Carrière et les habitats troglodytes (cad. E 248) : inscription par arrêté du 23 novembre 1999
Personnages clés
| Louis Leclabart - Soldat et sculpteur |
Auteur de quatre sculptures rupestres dans la carrière. |
Origine et histoire
La carrière du Chauffour, située près de Thiescourt dans le département de l’Oise (Hauts-de-France), est une ancienne exploitation souterraine de calcaire datant du XIXe siècle. Son activité extractive s’est poursuivie au début du XXe siècle, avant qu’elle ne devienne un lieu stratégique pendant la Première Guerre mondiale. À partir de septembre 1914, la carrière se retrouve dans les lignes françaises, abritant des soldats épuisés par les batailles de Verdun ou de la Somme. Ce front du Noyonnais, relativement calme, servait de zone de repos pour les régiments en convalescence.
Entre 1915 et 1918, la carrière est aménagée par le 72e Régiment d’Infanterie Territoriale (R.I.T.) pour accueillir deux compagnies. Les soldats y créent un village troglodyte, avec des fenêtres inspirées de l’art byzantin et plus de 200 gravures rupestres. Ces sculptures, réalisées pendant la guerre puis lors de la « drôle de guerre », représentent des scènes militaires, des portraits, des symboles patriotiques ou religieux, et même des caricatures d’ennemis. Quatre d’entre elles sont attribuées à Louis Leclabart, un soldat-artiste.
Classée monument historique en 1999 pour ses habitats troglodytes et ses sculptures, la carrière témoigne de la vie des poilus et de leur créativité dans l’adversité. Les traces laissées, allant des patronymes aux scènes érotiques, reflètent la diversité des préoccupations des soldats. Après la guerre, le site conserve une valeur patrimoniale majeure, illustrant à la fois l’histoire industrielle de l’Oise et le quotidien des combattants pendant le conflit.
Aujourd’hui, la carrière du Chauffour reste un lieu de mémoire accessible, bien que sa localisation exacte dans les bois de Thiescourt soit parfois difficile à préciser (précision cartographique évaluée à 6/10). Son inscription à l’inventaire des monuments historiques couvre à la fois les galeries souterraines et les aménagements réalisés par les militaires, préservant ainsi un patrimoine unique lié à la Grande Guerre.