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Château de Blancey en Côte-d'or

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Côte-dor

Château de Blancey

    Le Bourg
    21320 Blancey
Crédit photo : Bildoj - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
866
Première mention du village
1461
Forteresse au cardinal d’Ostun
1488
Acquisition par Guillaume Buret
1584
Millésime en remploi
1616
Description du terrier
1700–1800
Aménagements du XVIIIe siècle
1988
Protection Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château et dépendances ; grille XVIIIe siècle du parc ; porte d'entrée (cad. AC 269) : inscription par arrêté du 28 décembre 1988

Personnages clés

Charles le Chauve - Roi des Francs Ratifie un don en 866.
Alard - Abbé de Saint-Symphorien Doneur de l’église de Blancey.
Cardinal d’Ostun - Propriétaire en 1461 Détient la forteresse avant 1488.
Guillaume Buret de Saizerey - Seigneur acquéreur Achète le château en 1488.
Étienne Dareau - Conseiller du roi Propriétaire décrit en 1616.

Origine et histoire

Le château de Blancey, situé à l’extrémité ouest du village éponyme en Côte-d’Or, trouve ses origines dans une maison forte médiévale attestée dès le XVe siècle. La grange devant l’édifice date du premier tiers de cette période, tandis qu’une forteresse mentionnée en 1461 comme propriété du cardinal d’Ostun passe en 1488 à Guillaume Buret de Saizerey. En 1616, un terrier décrit un château déjà structuré : trois tours (dont une avec chapelle), cours, jardins, fossés et dépendances agricoles, appartenant alors à Étienne Dareau, conseiller du roi. Ces éléments suggèrent une transformation progressive d’une place forte en résidence seigneuriale.

L’architecture actuelle mêle des vestiges défensifs et des ajouts des XVIIe et XVIIIe siècles. Le corps de logis, flanqué d’une tour demi-hors-œuvre et de deux tours circulaires, est relié à des dépendances par un mur d’enceinte doté d’un portail à rainures de pont-levis et d’une bretèche à archères-canonnières. La tour droite abrite une chapelle voûtée en berceau, accessible par un escalier en vis, tandis que le logis conserve des salles voûtées d’arêtes au rez-de-chaussée et des plafonds à solives aux étages. Le portail isolé en fer forgé, daté du XVIIIe siècle, complétait l’accès à la cour.

Des remaniements successifs ont effacé une partie de l’histoire médiévale du site, bien que des éléments comme les archères ou le millésime 1584 (en remploi au-dessus du portail) témoignent de phases de construction antérieures. Le bâtiment des communs, avec ses ouvertures symétriques et son toit brisé à croupes, ainsi que la grille du parc, datent quant à eux du XVIIIe siècle. L’ensemble, protégé comme Monument Historique depuis 1988, illustre l’évolution d’une seigneurie bourguignonne, des besoins défensifs du XVIe siècle aux préoccupations résidentielles des Lumières.

Le mobilier intérieur révèle une organisation typique des demeures seigneuriales : une salle basse carrée avec cheminée, une cuisine et une chambre voûtées au rez-de-chaussée, desservies par un escalier tournant à quatre noyaux. Les étages, couverts de plafonds à solives apparentes, abritaient les pièces d’habitation, tandis que l’étage de comble, éclairé par des lucarnes à fronton triangulaire, complétait l’espace. Ces aménagements reflètent à la fois le confort croissant des élites rurales et la persistance de structures médiévales adaptées aux usages modernes.

Le site, bien que peu documenté avant l’époque moderne, conserve des traces d’une occupation ancienne : le village et sa seigneurie sont mentionnés dès 866, lorsque Charles le Chauve ratifie le don d’une église par l’abbé Alard de Saint-Symphorien. Cette continuité historique, couplée aux transformations architecturales, fait du château de Blancey un témoin des mutations sociales et politiques de la Bourgogne, des Carolingiens aux bourgeoises terriennes des XVIIe–XVIIIe siècles.

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