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Château d'Heilly dans la Somme

Somme

Château d'Heilly

    10 Rue Notre Dame
    80800 Heilly

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
1500
1600
1700
1800
1900
2000
778
Légende de Ganelon
1547
Retour d'Anne de Pisseleu
1737
Reconstruction néo-classique
1846
Vente et début de destruction
2001
Inscription aux monuments historiques
2021
Reconstitution en réalité virtuelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Inscrit MH

Personnages clés

Ganelon - Personnage légendaire Jugé au château selon la tradition.
Anne de Pisseleu - Duchesse d'Étampes Favorite de François Ier, y vécut.
Pierre Contant d'Ivry - Architecte Reconstruit le château au XVIIIe.
Jean Veyren - Ferronnier d'art Auteur des grilles du parc.
Nicolas Sébastien Adam - Sculpteur Auteur des statues du parc.

Origine et histoire

Le château d'Heilly, situé à cheval sur les communes d’Heilly et de Ribemont-sur-Ancre (Somme), était un édifice hybride mêlant des éléments féodaux et classiques. Selon la légende, il aurait accueilli Ganelon, personnage de la Chanson de Roland, jugé et exécuté en 778 après la bataille de Roncevaux. Ce lieu fut pendant des siècles le cœur de la seigneurie d’Heilly, dont les seigneurs participèrent à des événements majeurs comme les batailles de Bouvines (1214) et d’Azincourt (1415).

Au XVIIIe siècle, le marquis Louis-Charles de Gouffier entreprit une reconstruction ambitieuse sous la direction de l’architecte Pierre Contant d’Ivry. Le château fut repensé dans un style néo-classique, avec une façade en pierre remplaçant les murailles médiévales, tandis que l’arrière conservait ses tours et fossés. Un vaste parc, orné de grilles en fer forgé par Jean Veyren, complétait l’ensemble. L’intérieur, réaménagé dans un style rocaille, comprenait des salons somptueux, une chapelle, et des appartements seigneuriaux.

Le château fut partiellement détruit après sa vente en 1848. Ses éléments décoratifs — grilles, boiseries, sculptures — furent dispersés : certaines grilles ornent aujourd’hui les châteaux de Bertangles et de Digoine, tandis que des statues de Nicolas Sébastien Adam, comme Angélique et Médor, sont conservées au Musée de Picardie à Amiens. Un pavillon du XVIIIe siècle, dernier vestige significatif, subsiste dans un état précaire.

Depuis 2001, les vestiges du domaine (terrasses, orangerie, canaux) sont inscrits aux monuments historiques. Une reconstitution numérique en réalité virtuelle, proposée depuis 2021, permet de redécouvrir le château dans son état du XVIIIe siècle. Le site, partagé entre propriétaires privés et la commune, témoigne d’un patrimoine à la fois noble et fragile.

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