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Château de Montjean en Mayenne

Mayenne

Château de Montjean


    53320 Montjean

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1215
Première mention
avant 1385
Incendie partiel
1431
Forteresse réputée invincible
1448-1474
Reconstruction par André de Lohéac
16 octobre 1591
Assassinat de Jean de Criquebœuf
1779
Ruine consommée
15 août 1818
Vente à Morin de la Blottais
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

André de Lohéac - Maréchal de France Reconstruit le château (1466-1474)
Jean de Criquebœuf - Capitaine royaliste Assassiné en 1591 par Pierre Le Cornu
Pierre Le Cornu - Gouverneur ligueur de Craon Auteur du meurtre de Criquebœuf
Guy XV de Laval - Comte de Laval Séjourne au château en 1489
Catherine d’Alençon - Veuve de Guy XV Meurt à Montjean en 1505
Henri de La Trémoïlle - Seigneur protestant Restaure la chapelle Sainte-Anne (XVIIe)

Origine et histoire

Le château de Montjean, situé près d’un étang à 2,5 km à l’est du bourg de Montjean (Mayenne), était au XVIe siècle une place forte défendant le comté de Laval contre les ligueurs. Reconstruit par André de Lohéac après 1450, il fut un enjeu stratégique pendant les guerres de Cent Ans et les conflits religieux.

À l’origine, le site est mentionné dès 1215 comme une motte castrale (apud motam Montis Joannis), appartenant à la mouvance de Laval. Un incendie ravage partiellement le château en maçonnerie avant 1385, puis la forteresse, qualifiée de locus fortissimus en 1431, résiste aux assauts pendant la guerre de Cent Ans. Le duc d’Alençon y enferme même un prisonnier anglais en mars 1431, preuve de sa réputation d’invincibilité.

André de Lohéac, maréchal de France, acquiert Montjean en 1448 et le reconstruit entre 1466 et 1474, en faisant une place bien plus puissante. Le château devient un lieu de séjour pour les seigneurs de Laval, comme Guy XV ou Claude de Foix, et une prison pour les brigands vers 1500. Catherine d’Alençon, veuve de Guy XV, y meurt en 1505, soulignant son statut de résidence noble.

Pendant les guerres de Religion, Montjean est un bastion royaliste face aux ligueurs. En octobre 1591, Jean de Criquebœuf, capitaine loyal à Henri IV, y est assassiné par Pierre Le Cornu, un ligueur, lors d’un drame lié à une vengeance personnelle. La forteresse, occupées tour à tour par les deux camps, tombe en ruines après 1600, ses pierres réutilisées comme carrière au XVIIIe siècle.

Au début du XXe siècle, l’abbé Angot décrit des ruines imposantes : une enceinte d’un demi-hectare flanquée de tours, des fossés doubles côté étang, et des décombres côté terre, exploités comme carrière. La chapelle Sainte-Anne, extérieure à l’enceinte, est restaurée par Henri de La Trémoïlle au XVIIe siècle avant d’être unie au chapitre de Thouars. Le domaine, incluant moulin et étang, reste valorisé malgré la ruine du château.

Les seigneurs de Montjean se succèdent depuis le XIIIe siècle, des familles comme les Le Franc, les Couesmes, ou les Landivy, jusqu’à son rachat en 1818 par M. Morin de la Blottais. Les archives mentionnent des aveux féodaux, des conflits de succession, et des alliances matrimoniales qui lient Montjean au comté de Laval, puis à la maison de La Trémoïlle.

Liens externes