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Château de Briançon en Savoie

Savoie

Château de Briançon

    70 Route des Usines
    73260 La Léchère

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
2000
1082
Conflit Aymon de Briançon
XIIe siècle
Construction initiale
1276
Rattachement à la Savoie
1536
Prise par les Français
1680
Érection en marquisat
1690
Destruction finale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Aymon (ou Émeric) de Briançon - Vicomte de Briançon (XIe siècle) Accusé d’abus sur le péage
Frédéric Barberousse - Empereur du Saint-Empire Auteur de la Bulle d’or (1186)
Philippe Ier de Savoie - Comte de Savoie Prend le château en 1276
François Ier - Roi de France Occupe le château (1536)
Étienne-Louis Borrel - Architecte et archéologue Décrit les vestiges (XIXe siècle)
Jacqueline Roubert - Historienne Étudie la seigneurie de Briançon

Origine et histoire

Le château de Briançon, édifié sur un éperon rocheux quasi inexpugnable au-dessus de l’Isère, était un verrou stratégique en Tarentaise. Sa position dominait le « Pas de Briançon », contrôlant la route entre la combe de Savoie et les cols du Petit et Grand Saint-Bernard, ainsi qu’un péage sur le pont franchissant la rivière. Les vestiges actuels, décrits par l’archéologue Étienne-Louis Borrel comme « naturellement fortifiés », témoignent d’une architecture adaptée à la défense, avec un donjon carré, des courtines et des tours de guet.

L’origine du château remonte probablement au XIIe siècle, bien que des hypothèses évoquent un oppidum romain ou une fondation au IXe siècle par la famille de Briançon, vicomtes de Tarentaise. Les premières mentions écrites apparaissent dans des bulles impériales de 1186 et 1196, confirmant son rattachement aux archevêques-comtes de Tarentaise. La seigneurie, initialement indépendante, passe sous contrôle savoyard en 1276 après des conflits entre les Briançon et les archevêques, puis est vendue en 1486 au duc Charles Ier de Savoie.

Au XVIe siècle, le château est renforcé face aux guerres franco-savoyardes mais tombe aux mains des Français en 1536, avant d’être rendu après le traité du Cateau-Cambrésis. Il est définitivement détruit en 1690 par le maréchal de Catinat, après des siècles de conflits. La seigneurie, érigée en marquisat en 1680, illustre l’importance stratégique de ce site, clé des vallées alpines et symbole des luttes de pouvoir entre Savoie, France et Église.

Les fouilles et descriptions du XIXe siècle, notamment par Borrel, révèlent une structure complexe : un donjon de 8,40 m de côté, deux tours gardant l’escalier d’accès (240 marches taillées dans la roche), et des murs en opus spicatum datant des XII-XIIIe siècles. Le château abritait aussi un système de péage et des corps de garde, reflétant son rôle économique et militaire. Aujourd’hui, seuls des vestiges éparpillés subsistent, témoins de son passé tumultueux.

Les archives mentionnent des acteurs clés comme Aymon de Briançon, accusé d’abus de pouvoir au XIe siècle (selon des sources controversées), ou les ducs de Savoie qui en firent une place forte. Les conflits répétés — sièges, démantèlements, reconstructions — soulignent son rôle central dans les rivalités régionales. La Bulle d’or de 1186 et les actes impériaux confirment son statut de castrum majeur, lié à la fois aux pouvoirs laïcs et ecclésiastiques.

La destruction progressive, notamment sous Henri IV (1600) et Louis XIV (1690), marque la fin de son usage militaire. Le site, aujourd’hui propriété communale, offre un panorama sur la vallée de l’Isère et rappelle l’histoire féodale de la Savoie. Les études de Borrel et Roubert en font un exemple emblématique d’architecture castrale alpine, mêlant défense naturelle et ingénierie médiévale.

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