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Château de Nampont dans la Somme

Somme

Château de Nampont


    Nampont

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1500
1600
1700
1800
1900
2000
858
Première mention du fief
1517
Ratification du Concordat de Bologne
XVe siècle
Reconstruction par Josse de Vaudricourt
1635
Pillage par les Espagnols
1725
Conversion en poste de gabelle
1944
Destruction partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean de Biencourt - Seigneur de Nampont Propriétaire au XVe siècle
Josse de Vaudricourt - Seigneur reconstructeur Rebâtit les bâtiments nord
François Ier - Roi de France Y ratifie le Concordat
Adrien de Vaudricourt - Propriétaire en 1517 Accueille le parlement
Gédéon du Maisniel - Propriétaire en 1798 Remplace le pont-levis

Origine et histoire

Le château de Nampont, en réalité une maison forte, est implanté sur la commune éponyme, dans le nord-ouest du département de la Somme, en région Hauts-de-France. Son origine remonte au moins au IXe siècle, avec une première mention du fief en 858. L’édifice actuel, construit au XVe siècle, se caractérise par une structure polygonale entourant une cour rectangulaire protégée par des douves alimentées par des sources. Ce système défensif, renforcé par une tour ronde et des meurtrières, fut adapté à l’artillerie aux XVIe et XVIIe siècles, avec l’ajout de bouches à feu et de canonnières.

La seigneurie de Nampont changea plusieurs fois de mains : détenue par la famille de Nampont jusqu’au XIIIe siècle, elle passa ensuite aux Bernâtre (1335), puis aux du Quesnoy (1377). Au XVe siècle, Jean de Biencourt en devint le seigneur, suivi de Josse de Vaudricourt, qui reconstruit partiellement les bâtiments. En 1517, François Ier y réunit le parlement de Paris pour ratifier le Concordat de Bologne, sous la propriété d’Adrien de Vaudricourt. Le château subit des pillages par les Espagnols en 1635, avant d’être converti en poste douanier pour la gabelle.

Au XVIIIe siècle, après des réparations menées par les familles Becquin et du Maisniel (qui remplaça le pont-levis par un pont dormant en 1798), le site servit de poste de perception jusqu’en 1725. Endommagé par les bombardements de 1944, qui détruisirent la courtine ouest et une tour, le château fit l’objet de restaurations contemporaines. Aujourd’hui, il conserve des éléments défensifs médiévaux, comme des mâchicoulis, un puits octogonal et une tourelle d’escalier, témoins de son évolution entre forteresse, résidence seigneuriale et bâtiment administratif.

L’architecture du château reflète ses adaptations successives : les modifications du XVIe siècle pour l’artillerie (bouches à feu, canonnières) côtoient des vestiges du XVe siècle, comme les meurtrières et les douves. La cour intérieure, autrefois ceinte d’un chemin de ronde partiellement conservé, abrite un puits ouvragé. Les restaurations récentes visent à préserver ce patrimoine marqué par les conflits, notamment ceux de la Seconde Guerre mondiale.

Le site s’inscrit dans un contexte historique régional riche, lié aux rivalités féodales, aux guerres franco-espagnoles et à l’administration royale. Son rôle de poste douanier au XVIIIe siècle illustre son intégration dans les réseaux économiques de l’Ancien Régime, tandis que sa destruction partielle en 1944 rappelle les bouleversements du XXe siècle en Picardie.

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