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Château de Terchant en Mayenne

Mayenne

Château de Terchant


    Ruillé-le-Gravelais
Salmon édit. Saint-Pierre-la-Cour

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1576
Baptême protestant au château
9 avril 1629
Érection en vicomté
1660
Dernier exercice protestant à Terchant
1686
Abjuration forcée des protestants
1720
Vente du château
Fin XIXe siècle
Restauration du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean du Matz (Montmartin) - Fondateur du domaine Créa la seigneurie et mourut à Terchant.
Marie de La Tour d’Auvergne - Duchesse de La Trémoïlle Ratifia l’érection en vicomté.
Jean Demay - Pasteur protestant Tint les registres de 1660 à 1683.
Claude-Charles de Goyon - Seigneur de Terchant Défendit les privilèges de la vicomté.
Ambroise Touchard - Juge royal à Laval Prescrivit l’abjuration en 1686.
César-Léonard de Couasnon - Dernier seigneur notable Héritier et royaliste arrêté en 1832.

Origine et histoire

Le château de Terchant, édifié à la fin du XVIe siècle par Jean du Matz (dit Montmartin), devint un fief protestant majeur en Mayenne. Acquis après l’unification des seigneuries locales (Cossé, Ruillé, etc.), il fut érigé en vicomté par Henri IV en 1629, sous l’autorité de Marie de La Tour d’Auvergne, duchesse de La Trémoïlle. Ce statut fut contesté par les comtes de Laval jusqu’en 1736, notamment pour des questions de juridiction et de rentes comme les 116 chevalerets d’avoine.

Dès sa création, Terchant abritait une Église protestante active, liée aux synodes de Vitré et Laval. Les registres tenus par le pasteur Jean Demay (1660-1683) attestent de son rôle central après l’abandon du culte à Poligné en 1660. Le cimetière protestant, situé près du château aux Quatre-Fourchettes, accueillait les inhumations jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes. En 1686, l’abjuration forcée des fidèles, incluant Demay, marqua la fin du protestantisme local sous l’autorité du juge royal Ambroise Touchard.

Le domaine, transmise par héritage ou vente, passa des du Matz aux Goyon (dont Claude-Charles, seigneur au XVIIe siècle), puis aux Le Clerc des Gaudesches et aux Couasnon. Amaury-Charles de Goyon, converti au catholicisme en 1690, vendit Terchant en 1720 à Laurent Froment de Villeneuve. Au XIXe siècle, le château, partiellement démoli (une aile disparue), fut restauré, mettant en valeur ses jardins, étangs et un projet inabouti de chapelle insulaire. L’abbé Angot souligna son aménagement paysager comme principal atout.

Les seigneurs de Terchant, souvent liés à l’aristocratie bretonne ou mayennaise, illustrent les tensions religieuses et féodales de l’époque. Philippe du Montmartin (mort en 1639) ou Jacques de Goyon (époux d’Élisabeth du Matz) incarnent cette lignée, tandis que des figures comme Moïse du Cros (capitaine de cavalerie) ou César-Léonard de Couasnon (royaliste arrêté en 1832) marquèrent son histoire jusqu’au XIXe siècle. Les archives locales et les registres protestants de Vitré en conservent la trace.

Le château, aujourd’hui connu pour son parc et ses étangs, reflète aussi l’histoire du protestantisme en Anjou-Mayenne. Son rôle de refuge religieux, puis sa reconversion après 1685, en font un témoin des conflits entre pouvoir royal, noblesse locale et communautés réformées. Les poteaux armoriés des Goyon, objet de litiges, symbolisent ces tensions statutaires jusqu’à leur reconnaissance définitive.

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