Construction illégale vers 1220 (≈ 1220)
Andreas de Girsberg édifie le château sur des terres ecclésiastiques.
1222
Accord féodal
Accord féodal 1222 (≈ 1222)
Partage du château entre l’abbaye de Payerne et Andreas de Girsberg.
1259
Règlement des litiges
Règlement des litiges 1259 (≈ 1259)
Les Girsberg renoncent à des droits en échange du fief.
fin XIIIe siècle
Chute des Girsberg
Chute des Girsberg fin XIIIe siècle (≈ 1395)
Les Hattstatt chassent les Girsberg du vallon du Krebsbach.
1425
Siège infructueux
Siège infructueux 1425 (≈ 1425)
Résiste twelve jours à la milice de Riquewihr.
XVe siècle
Renforts anti-canons
Renforts anti-canons XVe siècle (≈ 1550)
Ajout d’un mur bouclier pour résister à l’artillerie.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Andreas de Girsberg - Fondateur illégitime
Construit le château en 1220 sur des terres ecclésiastiques.
Sigfried et Dietrich de Wassenberg - Petits-fils d’Andreas
Règlent un litige avec le chapitre de Constance en 1259.
Ulrich de Hus - Seigneur féodal
Occupe le château en 1342 pour l’abbaye de Payerne.
Frédéric de Hohenzollern - Refugié politique
Se cache au Wassenberg lors du siège de 1425.
Hans-Ulrich de Hus - Dernier seigneur connu
Cède le château aux Ribeaupierre vers 1428-1429.
Origine et histoire
Le Wassenberg est un château fort en ruine édifié vers 1220 par Andreas de Girsberg sur des terres appartenant à l’abbaye de Payerne et au chapitre de Constance, dans le vallon du Krebsbach (Alsace). Cette construction illégale visait à contrôler une vallée en cours de défrichement, déclenchant des décennies de litiges entre les Girsberg, l’abbaye et le chapitre. Le château, initialement partagé entre ces acteurs, fut finalement cédé aux Hattstatt après l’expulsion des Girsberg à la fin du XIIIe siècle, puis passa aux Ribeaupierre au XVe siècle. Son histoire est marquée par des conflits territoriaux et des adaptations militaires, comme le renforcement contre les armes à feu après 1425.
Le site, situé à 740 m d’altitude sur un éperon rocheux, comprenait un donjon pentagonal à bec, un logis, une basse-cour et un village castral, probablement l’emplacement originel de Wasserbourg. Le village fut déplacé en fond de vallée entre le XIIIe et le XVe siècle, tandis que le château, assiégé sans succès en 1425, fut détruit à l’explosif à une date indéterminée. Aujourd’hui, il n’en subsiste presque aucun vestige visible, mais des études topographiques et iconographiques (dessin de 1863, photos du XIXe siècle) permettent d’en reconstituer l’aspect.
Construit en schistes grauwackeux locaux et en granit extrait à proximité, le Wassenberg illustre les techniques de fortification médiévales, avec un donjon de type bergfried (tour de combat) et un mur bouclier ajouté au XVe siècle pour résister aux canons. Le château s’inscrit dans un réseau dense de forteresses alsaciennes (Schrankenfels, Hohlandsbourg, etc.), reflétant l’intense compétition féodale pour le contrôle des vallées vosgiennes. Son abandon progressif et sa destruction partielle symbolisent le déclin des châteaux forts avec l’avènement de l’artillerie moderne.
Les sources historiques, principalement des accords féodaux (1222, 1259, 1286) et des plaintes pour défrichements illégaux, révèlent les tensions entre seigneurs laïcs et institutions ecclésiastiques (abbaye de Payerne, chapitre de Constance). Le château, jamais fouillé archéologiquement, a fait l’objet d’études topographiques (Metz, 1978) et historiques (Biller, 2007), tandis que son iconographie ancienne (Rothmuller, XIXe siècle) documente son architecture avant sa ruine.
Le contexte géopolitique du Wassenberg est celui d’une Alsace médiévale fragmentée, où les seigneurs locaux, comme les Girsberg ou les Hattstatt, cherchaient à étendre leur influence face aux pouvoirs ecclésiastiques et aux villes en essor (comme Riquewihr). La vallée du Krebsbach, alors en cours de mise en valeur, devint un enjeu stratégique, avec une densité exceptionnelle de châteaux (Strassburg, Laubeck, etc.) sur un territoire restreint. Ces constructions, souvent illégales, reflètent une période de compétition agressive pour les ressources et les droits seigneuriaux.
Aujourd’hui, le site appartient à dix-huit propriétaires différents et se limite à des terrassements et des débris. Son étude révèle cependant des techniques de construction adaptées aux matériaux locaux (schistes fragiles, granit pour les parements) et une organisation spatiale typique des châteaux alsaciens du XIIIe siècle, avec un noyau défensif et des espaces dédiés à la vie communautaire (village castral). L’absence de fouilles archéologiques laisse nombreuses questions ouvertes, notamment sur la vie quotidienne dans ce château éphémère, détruit moins de deux siècles après sa construction.
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