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Château à Villers-Saint-Paul dans l'Oise

Oise

Château

    20 Rue du Maréchal Gérard
    60870 Villers-Saint-Paul

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1600
1700
1800
1900
2000
Moyen Âge
Construction du château fort
1650
Disparition de la famille seigneuriale
1770
Reconstruction du château
1794
Exécution de Randon de La Tour
16 mai 1929
Inscription aux monuments historiques
1970
Destruction du château
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château : inscription par arrêté du 16 mai 1929

Personnages clés

Jean Bardeau - Trésorier général des Finances Propriétaire au XVIIe siècle
Louis IV Henri de Bourbon-Condé - Prince de Condé et ministre Seigneur de Villers-Saint-Paul en 1710
Antoine de Sartine - Secrétaire d'État de la Marine Reconstruit le château dans les années 1770
Marc-Antoine Randon de La Tour - Trésorier général de la Maison du Roi Fait rebâtir le château, guillotiné en 1794
Étienne Maurice Gérard - Maréchal de France et président du Conseil Propriétaire au XIXe siècle
Hector Beeche - Propriétaire chilien Acheteur en 1927, quitte la France en 1939

Origine et histoire

Le château de Villers-Saint-Paul, aussi appelé château de Mortefontaine, était un château français situé dans la commune de Villers-Saint-Paul (Oise). Ses origines remontent au Moyen Âge, lorsqu’un château fort fut construit par les seigneurs de Villers-Saint-Paul, famille disparue vers 1650 avec Louise de Villers-Saint-Paul. Le domaine passa ensuite entre les mains de plusieurs propriétaires influents, dont Jean Bardeau, trésorier général des Finances sous Henri III, Henri IV et Louis XIII, et Jean du Four, acquéreur du fief en 1673.

En 1710, le domaine devint la propriété de Louis IV Henri de Bourbon-Condé, prince de Condé et ministre de Louis XV. Son fils, Louis V Joseph, en hérita avant de le céder en 1741 à Étienne Hardy du Plessis, puis en 1772 à Antoine de Sartine, secrétaire d'État de la Marine. Ce dernier lança une campagne de reconstruction dans les années 1770, avant de revendre le domaine en 1776 à Ange-Joseph Aubert, joaillier de la Couronne. En 1787, Marc-Antoine Randon de La Tour, trésorier général de la Maison du Roi, fit rebâtir entièrement le château, mais ses biens furent confisqués et lui-même guillotiné en 1794.

Au XIXe siècle, le château appartint notamment au maréchal Gérard, président du Conseil sous la monarchie de Juillet, puis à sa descendance, dont Étienne Desmiers, comte d'Archiac. Vendue en 1927 à un Chilien, Hector Beeche, la propriété fut occupée par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, puis transformée en école professionnelle. Abandonné et squatté dans les années 1960, le château, inscrit aux monuments historiques en 1929, fut finalement rasé en 1970. Aujourd’hui, une résidence pavillonnaire occupe son emplacement.

Le domaine s’étendait sur 40 hectares, incluant un château sobre en pierre blanche, dominé par un pavillon central et entouré d’un parc remarquable. Ce dernier était traversé par des canaux alimentés par la Brèche, avec un étang et une île boisée. Une allée de tilleuls reliait le parc à l’église de Nogent-sur-Oise. Parmi les essences plantées figuraient des chênes, des hêtres, des érables, des cèdres et des séquoias, témoignant de la richesse paysagère du lieu.

Malgré son inscription au titre des monuments historiques en 1929, le château ne put être sauvé. Son histoire reflète les bouleversements politiques et sociaux de la France, depuis l’Ancien Régime jusqu’à la modernité, en passant par la Révolution et les deux guerres mondiales. Son disparition marque la fin d’un patrimoine architectural et paysager majeur de l’Oise.

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