Origine et histoire du Castrum de Cazals
Le castrum de Cazals, situé sur la commune de Cazals dans le Lot, a été fondé au XIIe siècle et est occupé depuis le XVe siècle par la famille de Vielcastel. Une partie de la maison a été reconstruite au XIXe siècle et le site a conservé une tour romane. Le site est attesté dès 1196 dans le traité de Gaillon et a longtemps contrôlé les voies reliant Cahors et Villefranche-de-Rouergue ainsi que la route menant à Gourdon. Le bourg s'est développé au pied du château, édifié sur un plateau par les seigneurs de Gourdon, qui offrirent leur protection aux habitants contre certaines rentes ; le fort, la ville et les quartiers constituèrent alors un « cazali ». À proximité, la bastide de Montolza fut fondée au pied du castrum en 1319 et sa grande place des foires, le Mercadial, devint un pôle économique local. La baylie de Cazals fit l'objet de cessions et de partages entre seigneuries et couronnes, avec des périodes d'exercice des prérogatives par le roi d'Angleterre entre 1287 et 1327, puis des conflits durant la guerre de Cent Ans qui laissèrent la place en ruines. Pendant la croisade contre les cathares et les troubles qui s'ensuivirent, propriétés et seigneuries furent confisquées et occupées successivement par différentes familles, parmi lesquelles les Cazals, les Guerre, les Bonafos, puis les La Roque, les Fumel et les Salas. Après la guerre de Cent Ans, les héritiers et nouveaux seigneurs — Gourdon-Thémines, Salignac et Gontaud-Saint-Geniès — possédaient encore des éléments du castrum, dont une tour, la chapelle castrale et un quartier appelé barri Saint-Geniès. Au XVe siècle la branche de Vielcastel, issue de la famille de Salviac, fit reconstruire le château à l’emplacement d’une tour en ruine et d’autres familles édifièrent des maisons nobles dans le fort. Des mariages et dotations ultérieurs permirent des améliorations intérieures, notamment la réalisation des peintures du plafond à la française grâce à la dot apportée en 1627 par le mariage de Donnat II de Salviac de Vielcastel. Aux XVIe et XVIIe siècles, l’augmentation de la communauté protestante provoqua des tensions et des destructions, tandis que les Vielcastel restèrent catholiques et fidèles au roi. Le château a connu de nombreux propriétaires, a été restauré à partir de 1972 et a été acquis en 2008 par un couple hollandais qui projette d’en valoriser le site. L’ensemble défensif a été inscrit au titre des monuments historiques le 16 juin 1994.
L’ancien castrum correspond aujourd’hui au quartier dit du « Haut-Cazals » et se subdivisait en deux entités : le fort, assimilable à l’actuel château, et la ville, séparés par un fossé. Le château occupe un terre-plein terrassé de plan quadrangulaire d’environ 80 mètres de côté ; il se compose actuellement d’un logis en équerre dont les ailes s’adossent à un pavillon carré. L’ensemble est ceint d’une enceinte vaguement bastionnée, dotée d’une fausse braie et de plusieurs niveaux de terrasses ; une part importante des murs a été restaurée au XIXe siècle, tandis que d’autres tronçons datent des XVIe et XVIIe siècles. De nombreux vestiges médiévaux subsistent et se reconnaissent à la qualité et à l’épaisseur de leurs maçonneries : d’autres « ostals » étaient implantés dans le fort, une tour des Gourdon se trouvait près de la chapelle Saint-Martin et du puits, et le quartier de la ville était bordé par une clôture formée par des maisons médiévales. Au bas de l’ancienne tour des Gourdon, la famille Gontaud-Saint-Geniès avait établi à la fin du XVe siècle un hôtel noble qui constituait le centre de leur fief ; des vestiges médiévaux sont encore attenants à cette maison. Au moins trois autres maisons fortes, dont l’une appelée « Castel-Rougié », sont repérables aux limites de l’enceinte, et deux bâtiments sont inclus dans l’ancien presbytère dit « La Caminade ».