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Castrum de Cazals dans le Lot

Patrimoine classé Patrimoine défensif Fortification Château

Castrum de Cazals

  • Rue Pasteur
  • 46250 Cazals
Propriété d'une société privée
46250 Cazals, Rue Pasteur

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1900
2000
1196
Première mention écrite
1287
Cession à l’Angleterre
XIIIe siècle
Conflits et changements de suzeraineté
1355
Occupation anglaise
1442
Fin de la domination anglaise
1994
Protection patrimoniale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ensemble défensif et sols (cad. AB 30 à 35) : inscription par arrêté du 16 juin 1994

Personnages clés

Fortanier de Gourdon - Seigneur et défenseur Possesseur en 1196 selon le traité.
Simon de Montfort - Chef croisé Confisqua Cazals aux Bonafos (1209–1229).
Philippe de Jean - Seigneur pro-anglais Transforma Cazals en fort (1355).
Famille de Salviac de Vielcastel - Reconstructeurs (XVe–XVIIe) Restaura le château et ajoutait la devise.
Charles de Salviac - Dernier seigneur noble Vendit le château en 1794, chambellan de Joséphine.

Origine et histoire du Castrum de Cazals

Le castrum de Cazals, attesté dès 1196 dans le traité de Gaillon entre Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, fut un enjeu stratégique pendant les conflits entre rois de France et d’Angleterre. Construit par les seigneurs de Gourdon pour contrôler les voies antiques entre Cahors et Villefranche-de-Rouergue, il devint un cazali (fort + ville + barris) après l’installation d’habitants sous leur protection. La seigneurie, partagée entre les familles Cazals, Guerre et Bonafos, fut saisie par Simon de Montfort pendant la croisade des Albigeois (1209–1229) en représailles à leur soutien au comte de Toulouse.

Au XIIIe siècle, Cazals passa successivement sous domination royale française, puis anglaise après le traité de Paris (1259), avant d’être cédé à Alphonse de Poitiers. Le traité de 1287 officialisa son rattachement à l’Angleterre, marquant le début d’une période troublée : occupation par les armées du prince de Galles (1355), transformation en fort anglais par Philippe de Jean, et destructions pendant la guerre de Cent Ans. Le castrum, en ruine en 1442, fut repeuplé par des familles limousines et auvergnates sous l’égide des seigneurs Gourdon-Thémines et Salignac-Gontaud.

À partir du XVe siècle, la famille de Salviac de Vielcastel reconstruit partiellement le château, intégrant une tour romane et ajoutant un logis en équerre. Leur devise, « Quam vetus est castrum origo » (« Si vieux est ce castel qu’on en ignore l’origine »), reflète son histoire complexe. Le castrum, marqué par les guerres de Religion (les Vielcastel restèrent catholiques), fut vendu en 1794 par Charles de Salviac, chambellan de Joséphine. Inscrit aux Monuments Historiques en 1994, il fut restauré par des propriétaires privés à partir de 1972.

L’ensemble défensif médiéval, aujourd’hui appelé Haut-Cazals, conserve des vestiges majeurs : la chapelle castrale Saint-Martin, les bases de la maison de Guerre, la tour de La Roque, et des ostals (maisons fortes). La ville, ceinte de maisons médiévales, abritait aussi l’hôtel noble des Gontaud-Saint-Geniès (XVe siècle) et des constructions comme le Castel-Rougié. Les fouilles révèlent des maçonneries épaisses, témoins des remaniements des XVIe–XVIIe siècles.

Le castrum illustre les mutations politiques du Quercy : passage des mains des seigneurs locaux à la couronne française, puis anglaise, avant son retour définitif dans le domaine royal. Son architecture mêle influences romanes (tour initiale), gothiques (remaniements) et classiques (plafond à la française du XVIIe siècle). Les conflits religieux du XVIe siècle et la Révolution française y laissèrent aussi leur empreinte, avec des destructions et des changements de propriétaires.

Liens externes

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