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Castrum du Castlar dans le Tarn

Tarn

Castrum du Castlar


    81540 Durfort

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1900
2000
1141
Don des terres par Roger Ier Trencavel
1246
Soumission des Trencavel
20 juillet 1257
Confiscation par Alphonse de Poitiers
1274
Développement du bourg en contrebas
début XIIIe siècle
Fondation attestée du castrum
fin XIVe siècle
Abandon définitif
1996
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Roger Ier Trencavel - Vicomte d’Albi et Carcassonne Donateur des terres en 1141.
Isarn de Castlar - Témoin historique (1142–1153) Mentionné dans des actes médiévaux.
Jourdain de Roquefort - Seigneur de Durfort et Montgey Protecteur des cathares pendant la croisade.
Arnaud Raymond Gauti - Parfait cathare Combattit à Montségur, brûlé en 1244.
Alphonse de Poitiers - Comte de Toulouse (1257) Confisqua des terres aux Roquefort.

Origine et histoire

Le castrum du Castlar, aussi appelé castrum de Durfort, est un ancien village fortifié médiéval construit sur les hauteurs de Durfort, dans le Tarn. Fondé au début du XIIIe siècle, il est attribué à la famille des seigneurs de Roquefort, eux-mêmes vassaux des Trencavel, rivaux des comtes de Toulouse. Son nom apparaît dès 1141 via un don de terres par Roger Ier Trencavel, et des mentions d’Isarn de Castlar entre 1142 et 1153 suggèrent une occupation antérieure. Le site, stratégique, abrite rapidement des habitants venus du castrum voisin de Berniquaut, en déclin.

Pendant la croisade des albigeois, les seigneurs de Roquefort, dont Jourdain de Roquefort, soutiennent le parti cathare. Bien que le castrum ne soit pas directement attaqué, il protège des parfaits (cathares), comme Arnaud Raymond Gauti, futur combattant de Montségur. Après la soumission des Trencavel en 1246, le roi de France impose l’allégeance des habitants. En 1257, Alphonse de Poitiers confisque une partie des terres des Roquefort, accusés d’hérésie, pour les donner à l’abbaye de Sorèze.

Dès 1274, un nouveau bourg se développe en contrebas, près du Sor, attirant les habitants grâce à ses moulins drapiers et son accessibilité. Le castrum, symbole du pouvoir seigneurial, se dépeuple progressivement à cause de la peste noire et des Grandes compagnies pendant la guerre de Cent Ans. Abandonné à la fin du XIVe siècle, il ne subsiste aujourd’hui que des ruines. Des fouilles (1976, 1988–1992) ont révélé ses fondations et des artefacts, comme un grenier incendié éclairant l’alimentation médiévale. Classé monument historique en 1996, le site témoigne de l’histoire féodale et cathare de l’Occitanie.

Le castrum s’organisait autour d’un château-fort en hauteur, avec une tour, un logis seigneurial et une basse-cour, entouré de deux ensembles d’habitations en terrasses. Une enceinte et des douves sèches le protégeaient. Absence remarquable d’église, peut-être due à l’influence cathare, mais présence de silos à grains creusés dans la roche. Les maisons, modestes, utilisaient le relief et des matériaux locaux (schiste, calcaire). Certaines possédaient une cour sud pour les plus aisés.

Les liens entre le castrum et les Trencavel illustrent les tensions féodales de l’époque. Bien que théoriquement sous l’autorité du comté de Toulouse, Durfort dépendait de facto des vicomtes Trencavel, maîtres d’un vaste domaine d’Albi à Carcassonne. Cette ambiguïté politique, couplée à la protection des cathares, a marqué son histoire jusqu’à son déclin, accéléré par les crises du XIVe siècle et la création de la bastide de Revel.

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