Premier miracle attribué à la statue 1254 (≈ 1254)
Début de la dévotion mariale liée.
1853
Lancement du projet de construction
Lancement du projet de construction 1853 (≈ 1853)
Création de la commission par Charles Kolb-Bernard.
1856
Début des travaux
Début des travaux 1856 (≈ 1856)
Première pierre posée par l’archevêque de Cambrai.
1904
Érection en basilique mineure
Érection en basilique mineure 1904 (≈ 1904)
Reconnaissance papale par Pie X.
1913
Devenue cathédrale
Devenue cathédrale 1913 (≈ 1913)
Création du diocèse de Lille.
1999
Inauguration de la façade moderne
Inauguration de la façade moderne 1999 (≈ 1999)
Achèvement symbolique avec Carlier et Kijno.
2009
Classement monument historique
Classement monument historique 2009 (≈ 2009)
Protection officielle de l’édifice.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église Notre-Dame de Fives, sis place du Prieuré, en totalité (cad. CO 296) : inscription par arrêté du 10 juillet 2015
Personnages clés
Charles Kolb-Bernard - Initiateur du projet
Chef laïc du catholicisme lillois, porteur.
Charles Leroy - Architecte principal
Auteur des plans définitifs après concours.
Achille Liénart - Évêque de Lille (1928–1968)
Promoteur de l’achèvement et figure sociale.
Pierre-Louis Carlier - Architecte de la façade moderne
Concepteur de l’ogive en marbre (1999).
Ladislas Kijno - Artiste de la rosace
Auteur du vitrail central contemporain.
Jean Le Vasseur - Mayeur de Lille (XVIIe s.)
Consacra la ville à Notre-Dame.
Origine et histoire
La cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille de Lille trouve son origine dans une dévotion mariale ancienne, liée à une statue miraculeuse du XIIe siècle, vénérée depuis le XIIIe siècle dans la collégiale Saint-Pierre. Cette statue, cachée pendant la Révolution française, fut redécouverte au XIXe siècle, relançant son culte. En 1853, une commission regroupant clergé et bourgeoisie industrielle lance un projet de construction d’une église dédiée à Notre-Dame-de-la-Treille, destinée à devenir une cathédrale pour affirmer le statut religieux de Lille, alors intégrée à l’archidiocèse de Cambrai. Le choix du site, l’ancienne motte castrale du Vieux-Lille, symbolise aussi une reconquête spirituelle après la destruction de la collégiale Saint-Pierre.
Le concours international de 1854 pour la conception de l’édifice, inspiré du gothique du XIIIe siècle, voit la victoire de projets anglais, finalement écartés au profit de l’architecte lillois Charles Leroy. Les travaux, débutés en 1856, connaissent des difficultés financières et techniques, s’étalant sur plus d’un siècle. La cathédrale, initialement prévue avec deux tours et une rosace, ne sera jamais achevée selon ce plan. Elle est érigée en basilique mineure en 1904, puis devient cathédrale en 1913 avec la création du diocèse de Lille. Son achèvement symbolique intervient en 1999 avec l’inauguration d’une façade moderne en marbre et verre, conçue par Pierre-Louis Carlier et Ladislas Kijno, marquant une rupture stylistique avec le néogothique initial.
L’iconographie de la cathédrale, élaborée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle par les chanoines Henri Delassus et Henri Vandame, reflète un catholicisme intransigeant et ultramontain, opposant la tradition monarchique et corporatiste aux valeurs républicaines et socialistes émergentes. Les chapelles, dédiées à des figures comme saint Joseph, Jeanne d’Arc ou sainte Anne, célèbrent les vertus du travail, de la foi et de la royauté, tout en intégrant des références locales, comme les corporations lilloises ou les saints régionaux. La crypte, l’une des plus vastes d’Europe, abrite des tombes d’évêques et de bienfaiteurs, ainsi qu’un musée diocésain.
La construction de la cathédrale s’inscrit dans un contexte de revitalisation religieuse et sociale, porté par la bourgeoisie industrielle lilloise soucieuse de « rechristianiser » une population ouvrière en pleine expansion. Le projet, marqué par des tensions entre modernité et tradition, illustre aussi les débats sur l’identité régionale, entre flamand et français, et sur le rôle de l’Église dans une société en mutation. Malgré des critiques architecturales au XXe siècle, la cathédrale, classée monument historique en 2009, reste un lieu de pèlerinage et un symbole du patrimoine lillois.
L’intérieur de la cathédrale, de style néogothique avec des apports modernes comme le béton armé, abrite un riche décor de mosaïques, vitraux et sculptures, réalisé par des artistes locaux et internationaux. Les vitraux, signés Max Ingrand ou Pierre Turpin, mêlent récits bibliques et références locales, tandis que les orgues, dont un grand orgue acquis en 2006, enrichissent sa dimension musicale. La façade contemporaine, avec sa rosace de Ladislas Kijno et son portail de Georges Jeanclos, offre une synthèse entre héritage médiéval et création artistique moderne, faisant de Notre-Dame-de-la-Treille un édifice unique dans le paysage religieux français.
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