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Centre hospitalier Sainte-Anne à Paris

Patrimoine classé
Hôpital

Centre hospitalier Sainte-Anne à Paris

    1 Rue Cabanis
    75014 Paris

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1651
Fondation initiale
1788
Reconstruction ordonnée
1er janvier 1867
Inauguration de l’asile
1952
Découverte du Largactil
1er janvier 2019
Intégration au GHU
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Anne d’Autriche - Reine régente Fonde l’hôpital en 1651.
Charles-Auguste Questel - Architecte Conçoit les bâtiments inaugurés en 1867.
Jean Delay - Psychiatre Codécouvreur du Largactil, président du congrès 1950.
Pierre Deniker - Psychiatre Pionnier de la psychopharmacologie moderne.
Jacques Lacan - Psychanalyste Interne à Sainte-Anne (1927-28).
Georges Eugène Haussmann - Préfet de la Seine Supervise la création de l’asile clinique.

Origine et histoire

Le centre hospitalier Sainte-Anne, situé dans le 14e arrondissement de Paris, est un établissement spécialisé en psychiatrie, neurologie et neurosciences. Fondé en 1651 sous l’impulsion d’Anne d’Autriche, il est initialement une ferme où travaillaient des aliénés de Bicêtre. L’hôpital actuel, conçu comme un « asile clinique » moderne, est inauguré en 1867 sous Napoléon III, avec une architecture inspirée des principes hygiénistes et aliénistes de l’époque.

Au XIIIe siècle, une maison de santé pour pestiférés existait déjà sur le site, transférée plus tard par Anne d’Autriche pour éloigner les contagieux. En 1788, l’architecte Bernard Poyet est chargé de reconstruire l’hôpital, mais c’est sous Haussmann et l’architecte Charles-Auguste Questel que le projet prend forme, avec des pavillons symétriques, des jardins thérapeutiques et une enceinte de cinq mètres. L’asile ouvre en 1867, marqué par des innovations comme des consultations externes gratuites et un service de chirurgie générale.

Au XXe siècle, Sainte-Anne devient un pôle majeur de recherche psychiatrique. En 1952, Jean Delay et Pierre Deniker y découvrent les propriétés neuroleptiques de la chlorpromazine (Largactil), révolutionnant la psychopharmacologie. L’hôpital abrite aussi le musée d’Art et d’Histoire (MAHHSA), dédié aux œuvres d’artistes-patients depuis le XIXe siècle, et une bibliothèque spécialisée, la bibliothèque Henri-Ey. Aujourd’hui, il fait partie du GHU Paris psychiatrie & neurosciences.

L’établissement a toujours lié enseignement et pratique, avec la première chaire de psychiatrie en 1887, portée par Benjamin Ball. Des figures comme Jacques Lacan (interne en 1927-28) ou Jean Delay y ont marqué l’histoire. Les jardins, agrémentés de statues comme Le Guet de Victorien Tournier, et les pavillons nommés en hommage à des médecins célèbres (Ball, Janet, Garcin) témoignent de son héritage.

Sainte-Anne a aussi connu des périodes sombres, comme pendant le siège de Paris (1870-71), où 473 patients moururent de sous-alimentation. Au fil des décennies, il a évolué vers des soins ambulatoires, réduisant les hospitalisations complètes et développant des partenariats avec l’AP-HP et l’INSERM. Le centre Raymond-Garcin, dédié aux neurosciences, et le CPOA (urgences psychiatriques 24/7) illustrent son rôle actuel.

Classé parmi les symboles des asiles psychiatriques français avec l’hôpital Esquirol, Sainte-Anne allie patrimoine architectural, innovation médicale et mémoire historique. Son musée, ses archives audiovisuelles et sa fondation Pierre-Deniker en font un lieu unique, à la fois soignant et culturel.

Liens externes