Frise chronologique
début XVe siècle (vers 1400)
Fondation de la confrérie
Fondation de la confrérie
début XVe siècle (vers 1400) (≈ 1504)
Création traditionnelle des Pénitents-Gris selon la légende.
1575
Destruction de la première chapelle
Destruction de la première chapelle
1575 (≈ 1575)
Perdue lors des guerres de Religion.
1605
Début construction chapelle actuelle
Début construction chapelle actuelle
1605 (≈ 1605)
Nouvel édifice érigé sur l’ancien emplacement.
1611
Consécration de la chapelle
Consécration de la chapelle
1611 (≈ 1611)
Première messe officielle dans le nouveau bâtiment.
1676
Surélévation et modification façade
Surélévation et modification façade
1676 (≈ 1676)
Travaux d’embellissement et rehaussement de la toiture.
1699-1700
Agrandissement du corps de bâtiment
Agrandissement du corps de bâtiment
1699-1700 (≈ 1700)
Ajout de l’escalier et de la tribune nord.
1793
Destruction du mobilier révolutionnaire
Destruction du mobilier révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Seul le maître-autel et son retable survivent.
1802
Reconstruction du clocher
Reconstruction du clocher
1802 (≈ 1802)
Restauration après les dégâts révolutionnaires.
2 septembre 1994
Classement monument historique
Classement monument historique
2 septembre 1994 (≈ 1994)
Protection officielle de l’édifice par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle (cad. E 755) : classement par arrêté du 2 septembre 1994
Personnages clés
| Armand (maçon de Montpellier) - Artisan des travaux de 1676 |
Responsable de la reconstruction de l’élévation antérieure. |
Origine et histoire
La chapelle des Pénitents-Gris d'Aigues-Mortes, située dans le département du Gard en région Occitanie, est l'une des plus anciennes chapelles de Camargue. Elle trouve ses origines au début du XVe siècle, lorsque la confrérie des Pénitents-Gris, dédiée au secours des malades et des miséreux, fut fondée selon la tradition vers 1400. Une première chapelle, construite à cette époque, fut détruite en 1575 lors des guerres de Religion, marquant une rupture dans l'histoire du lieu avant sa reconstruction.
La chapelle actuelle fut érigée à partir de 1605 sur les vestiges de l’ancienne, puis consacrée en 1611. Elle subit plusieurs transformations majeures : une surélévation en 1676, un agrandissement entre 1699 et 1700 avec l’ajout d’un corps de bâtiment abritant un escalier et une tribune, et la reconstruction du clocher en 1802 après les destructions révolutionnaires de 1793, où seul le maître-autel et son retable furent épargnés. Ces modifications reflètent l’évolution architecturale et liturgique du lieu au fil des siècles.
Architecturalement, la chapelle se distingue par sa nef unique rectangulaire à chevet plat, rythmée par des pilastres corinthiens prolongeant l’ordonnance du retable. Son portail, encadré de pilastres et surmonté d’un fronton brisé, ainsi que sa localisation au carrefour de la rue Rouget-de-l’Isle et de la place Paul Bert, en font un élément marquant de la vieille ville. Classée monument historique depuis le 2 septembre 1994, elle témoigne aujourd’hui du patrimoine religieux et caritatif d’Aigues-Mortes, tout en abritant toujours la confrérie fondatrice.
Jusqu’en 1657, la chapelle servit de lieu de sépulture pour les membres de la confrérie, soulignant son rôle central dans la vie communautaire et spirituelle locale. Les troubles révolutionnaires de 1793 causèrent la destruction de la majorité de son mobilier, à l’exception notable du maître-autel et de son retable, éléments aujourd’hui précieux pour comprendre son histoire. La reconstruction du clocher en 1802 marqua une renaissance pour l’édifice, perpétuant son usage cultuel et son ancrage dans le paysage urbain.
La confrérie des Pénitents-Gris, active depuis le XVe siècle, illustre par cette chapelle son engagement historique envers les plus démunis. Le bâtiment, propriété d’une association cultuelle, conserve une structure modeste mais symbolique, avec un corps de bâtiment en appentis abritant un couloir, un escalier menant aux tribunes, et une sacristie. Son classement parmi les monuments historiques en 1994 a permis de préserver ce patrimoine unique, témoin des traditions religieuses et caritatives de la Camargue.