Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle de la Gayolle, ainsi qu'une zone de 5 mètres autour du monument : classement par arrêté du 7 mars 1952
Personnages clés
Nicolas-Claude Fabri de Peiresc - Érudit et antiquaire
Découvrit les sarcophages en 1628.
Gabrielle Démians d'Archimbaud - Archéologue
Dirigea les fouilles de 1964 à 1970.
Fernand Benoit - Historien et archéologue
Étudia le bâti (1949–1954).
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame de la Gayolle, située sur la commune de La Celle dans le Var, est un édifice religieux dont les origines remontent à la fin du Ve siècle. Elle fut érigée sur les vestiges d’une villa des Ve–VIe siècles, attestée par des fouilles archéologiques. Ce premier bâtiment, de plan rectangulaire avec une nef et un chevet plat, fut rapidement agrandi par des annexes latérales formant un transept. Des inhumations en sarcophages et sous tuiles y furent pratiquées jusqu’à la fin du VIe siècle. Le site conservait une fonction religieuse jusqu’au XIVe siècle, avant de devenir une bastide dépendant de l’abbaye de La Celle.
Une seconde église, construite à l’ouest de la première, présente une nef unique voûtée en berceau et une abside en hémicycle. Elle intègre des éléments architecturaux antiques réemployés comme décor. En 1628, Nicolas-Claude Fabri de Peiresc y découvrit deux sarcophages sculptés, portant les noms d’Innodius et Syagria, suggérant une volonté de mise en valeur funéraire. Les fouilles, menées dès 1912–1913 par M. Chaillan, puis par Fernand Benoit (1949–1954) et Gabrielle Démians d’Archimbaud (1964–1970), ont révélé l’évolution du site.
Classée monument historique en 1952, la chapelle illustre la transition entre l’Antiquité tardive et le Moyen Âge en Provence. Son architecture mêle réemploi de matériaux antiques et adaptations médiévales, tandis que son histoire reflète les pratiques religieuses et funéraires locales sur près de neuf siècles. Les recherches archéologiques successives ont permis de documenter son occupation continue, depuis la villa gallo-romaine jusqu’à son intégration à l’abbaye voisine.