Frise chronologique
1591
Fondation de la confrérie
Fondation de la confrérie
1591 (≈ 1591)
Création par douze Marseillais pieux.
1597
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1597 (≈ 1597)
Édifiée pour la confrérie des Bourras.
1764
Extension des missions
Extension des missions
1764 (≈ 1764)
Ensevelissement des forçats morts.
1793
Devenue tribunal révolutionnaire
Devenue tribunal révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Saisie et réaffectée pendant la Révolution.
1816
Rachat par les Bourras
Rachat par les Bourras
1816 (≈ 1816)
Restauration et retour au culte.
1892
Fusion des confréries
Fusion des confréries
1892 (≈ 1892)
Naissance des Pénitents noirs.
1931
Classement monument historique
Classement monument historique
1931 (≈ 1931)
Protection officielle de l’État.
1960
Mort du dernier prieur
Mort du dernier prieur
1960 (≈ 1960)
Fin de la confrérie active.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Antoine Mascaron - Fondateur de la confrérie |
Expulsé après l’assassinat de Casaulx. |
| L. Preyre - Vice-recteur pendant la guerre |
Liaison avec les résistants emprisonnés. |
| L. Fontanier - Dernier prieur de la chapelle |
Veilleur jusqu’en 1960. |
Origine et histoire
La chapelle des Pénitents noirs, aussi appelée chapelle du Bon-Jésus, est édifiée en 1597 dans le 2ème arrondissement de Marseille. Elle appartient initialement à la confrérie du Saint-Nom de Jésus, fondée en 1591 par douze Marseillais pieux, dont Antoine Mascaron. Cette confrérie, surnommée « les Bourras » en raison de leur habit en bure, a pour mission d’accompagner les condamnés à mort, de les assister lors de leur exécution et de les ensevelir. Les critères d’admission y sont stricts : les membres doivent être des hommes de bien, âgés d’au moins 18 ans, et ne pas exercer de métiers jugés immoraux, sauf s’ils montrent une volonté ferme de se corriger. À partir de 1764, les pénitents étendent leur action à l’ensevelissement des forçats morts à l’hôpital de l’arsenal des galères.
Pendant la Révolution française, la chapelle est saisie, désaffectée et transformée en entrepôt pour des objets provenant d’autres églises. En 1793, elle devient même un tribunal révolutionnaire avant d’être vendue aux enchères en 1802. Tombant en ruine, elle est rachetée en 1816 par les Bourras, qui la restaurent et lui rendent sa vocation religieuse. En 1892, la confrérie des Pénitents noirs fusionne avec celle des Bourras, adoptant leur costume et s’installant définitivement dans cette chapelle, qui prend alors son nom actuel.
Au XXe siècle, la chapelle joue un rôle discret mais actif dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, sous l’impulsion de son vice-recteur L. Preyre. Ce dernier organise des visites en prison pour communiquer avec les résistants arrêtés et instaure, après la Libération, un pèlerinage à Notre-Dame-de-la-Garde. Le dernier prieur, L. Fontanier, veille sur les lieux jusqu’à sa mort en 1960, préservant les collections de la chapelle en les confiant au musée du Vieux Marseille et au Musée du Terroir Marseillais. Après l’extinction de la confrérie, la chapelle connaît une période troublée : utilisée comme dortoir pour travailleurs nord-africains en 1968, elle est finalement rachetée en 1973 par le comité du Vieux-Marseille, puis restaurée par une association qui la rend au culte catholique traditionnel.