Frise chronologique
1344
Fondation par Raymond Sirven
Fondation par Raymond Sirven
1344 (≈ 1344)
Autorisation papale pour une chapelle dédiée à Sainte Marie Madeleine.
1682
Fondation du séminaire
Fondation du séminaire
1682 (≈ 1682)
Transformation de la sacristie en réfectoire par les Oblats.
4 mai 1792
Vente comme bien national
Vente comme bien national
4 mai 1792 (≈ 1792)
Cloches fondues, mobilier dispersé pendant la Révolution.
7 octobre 1792
Réapparition de la statue
Réapparition de la statue
7 octobre 1792 (≈ 1792)
Statue de Notre-Dame du Rosaire ressortie de sa cachette.
1948
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1948 (≈ 1948)
Protection des ruines de la chapelle et de son cloître.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Notre-Dame du Rosaire (ruines) : inscription par arrêté du 10 avril 1948
Personnages clés
| Raymond Sirven - Fondateur de la chapelle |
Bourgeois de Belpech, commanditaire en 1344. |
| Pape Clément VI - Autorité religieuse |
Accorda la permission de construction en 1344. |
| Pierre de la Broue - Évêque de Mirepoix (1679–1720) |
Fonda le séminaire voisin au XVIIe siècle. |
| Fernand Canal - Historien local |
A étudié la statue de la Vierge enceinte (XXe siècle). |
| Édouard Laffont - Chercheur |
A analysé les plans cadastraux et l’histoire du site. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-du-Rosaire de Belpech, située dans l’Aude en Occitanie, trouve ses origines en 1344 grâce à Raymond Sirven, un bourgeois local. Ce dernier obtint du pape Clément VI l’autorisation de construire une chapelle dédiée à Sainte Marie Madeleine, dotée d’un clocher et desservie par un prêtre qu’il rémunérait. Le site, proche du château-fort sur la pente du Castelas, fut choisi pour faciliter l’accès à la messe et abriter la sépulture de son fondateur. Les travaux, confiés aux ouvriers de l’église paroissiale Saint-Saturnin, durent stabiliser un sol en pente.
Au XVIIe siècle, sous l’influence dominicaine, la chapelle changea de dédicace pour devenir Notre-Dame du Rosaire, aussi appelée Notre-Dame de Beaupy. En 1682, un séminaire fut fondé à proximité, transformant la sacristie en réfectoire et ajoutant un étage. Dirigé par les Oblats de Marie, il forma des jeunes destinées aux métiers religieux ou intellectuels jusqu’en 1773, date à laquelle un conflit avec les consuls de Belpech mit fin à son activité. Les revenus de la chapelle provenaient alors des obits (rentes pour messes annuelles).
La Révolution française marqua un tournant dramatique. Le 4 mai 1792, ses deux cloches furent envoyées à Castelnaudary pour être fondues, et son mobilier vendu comme bien national. La statue de Notre-Dame du Rosaire, objet d’une dévotion intense et considérée comme miraculeuse, fut cachée par les habitants pour échapper à la destruction. Elle réapparut le 7 octobre 1792, après avoir été dissimulée dans les murs du séminaire puis dans la chapelle du Saint-Sépulcre. Les pèlerinages, très populaires aux XVIe–XVIIIe siècles, déclinèrent au XXe siècle, bien que la statue soit toujours vénérée dans l’église Saint-Saturnin.
L’édifice actuel, inscrit aux monuments historiques en 1948, ne conserve que des vestiges du XVe ou XVIe siècle : une annexe latérale au chœur, une sacristie voûtée aux ouvertures gothiques, et un cloître adossé à un mur de soutènement. Les ruines révèlent des traces de décor peint (traits bruns sur fond jaune) et une crypte abritant les tombes de Raymond Sirven, de moines et d’enseignants. Une statue de pierre dite Vierge enceinte, attribuée à Sainte Marie Madeleine par sa chevelure et sa main posée sur son ventre, témoigne d’un culte guérisseur ancien, peut-être antérieur à la dédicace au Rosaire.
Le mobilier d’origine, en partie dispersé, comptait des œuvres remarquables : un tableau de saint Antoine du désert (école espagnole, XVIIe siècle), un crucifix janséniste aux bras probablement rehaussés, et un tableau de la Fuite en Égypte. Seuls le crucifix et le tableau de saint Antoine subsistent aujourd’hui. La chapelle, initialement en brique avec des chapiteaux en grès, illustre l’architecture religieuse locale, marquée par des symboles trinitaires (clocher triangulaire à trois niches).
À ne pas confondre avec l’abbaye de Vajal (bénédictine puis cistercienne, XIIe siècle), située au nord de Belpech, la chapelle du Castelas reste un lieu chargé d’histoire, où se mêlent dévotion mariale, enseignement religieux et résistances populaires face aux bouleversements politiques.